Pierre Jodlowski (1971)

Hyperspeed disconnected motions (2012)

pour flûtes, vidéo et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2012
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : partition téléchargeable sur le site du compositeur
    • Commande: Elektronmusikstudion Stockholm
Effectif détaillé
  • flûte Paetzold, flûte contrebasse

Information sur la création

  • Date : 28 September 2012
    Lieu :

    Pologne, Varsovie, festival Automne


    Interprètes :

    Anne Petrini et Fabrice Jünger.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié, dispositif multimédia (vidéo, lumière)

Note de programme

Depuis le début du XXe siècle, plusieurs historiens développent de nouveaux outils d’analyse de la condition humaine basés sur le principe d’accélération (du temps, du mouvement de l’Histoire). On peut voir en effet, dans l’éclosion et le développement des nouveaux systèmes de communication et de réseaux, la modification profonde des comportements humains, entraînant de nouveaux paradigmes. Le réseau mondial (internet et téléphonie mobile) couvre aujourd’hui environ 60 % des zones habitées de la planète et il n’y aura bientôt plus d’endroit où il serait impossible de se connecter, d’une manière ou d’une autre, au reste du monde. Et bien sûr, en terme d’Espace / Temps, ceci change considérablement notre quotidien et certainement la définition de notre identité.

Durant ces dernières années j’ai été ce que l’on pourrait appeler un "compositeur bien occupé" ! Voyageant beaucoup, développant des relations avec de nombreuses personnes et réseaux, dans des contextes toujours mouvants, rendant parfois la perception du temps et du réel toute relative ! Mais, dans ces mouvements, j’ai toujours essayé de garder un œil ouvert et l’autre fermé, en quelque sorte aveugle au champ extérieur, concentré sur une ligne directrice, celle de la conscience artistique… Et plus le temps et l’espace étaient déconnectés, plus j’avais recours à cette cécité volontaire afin de créer des liens entre ces situations dont l’enchaînement ultra rapide devenait improbable…

Ici commence donc une sorte de journal : images, sons et textes glanés ici et là, parfois intentionnellement parfois simple résultat du hasard. J’ai beaucoup filmé de situations sans aucun préalable autre que "je suis ici, voici ce que je vois et entends !". L’absence de signification ou de tension dramatique est ainsi souvent flagrante dans les images de ce projet ; mais il s’agit d’une représentation du monde, sans jugement, comme une simple captation de flots d’énergies.

Au final, ce projet se construit comme une sorte de déambulation aléatoire où, au demeurant, subsistent quelques éléments stables et qui construisent l’ensemble : une réflexion sur cette question des processus d’accélération, réflexion où se mélangent l’humour et des considérations plus philosophiques…

Cettre œuvre est dédiée à Anna Pétrini et Fabrice Jünger qui en sont les commanditaires et les remarquables interprètes.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  7. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  8. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Pierre Jodlowski.