Pierre Jodlowski (1971)

Série bleue (2013)

pour piano et bande son

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2013
    • Durée : 14 mn 51 s
    • Éditeur : partition téléchargeable sur le site du compositeur
    • Commande: chœur Britten
Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • Date : 29 September 2013
    Lieu :

    France, Strasbourg, festival Musica


    Interprètes :

    Wilhem Latchoumia.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : sons fixés sur support (bande son stéréophonique)

Note de programme

Série Bleue est la cinquième œuvre pour piano et bande son du cycles des Séries. Après Série noire (sur le thème du polar), Série blanche (en hommage au Roi sans divertissement de Jean Giono et sur le thème de l’absurde), Série-C (hommage à John Cage) et Série rose (sur le thème de la pornographie), cette pièce est directement inspirée de mon expérience personnelle d’appréhension des bleus monochromes du peintre Yves Klein.

Il s’agit d’explorer un territoire en apparence minimal mais qui révèle très progressivement des contours tendus, des lignes heurtées, des systèmes de résonance et d’échos.

La pièce est au départ très lente, comporte peu d’éléments et l’écriture du piano se résume à quelques accords et formules qui se répètent ou se développent de manière assez simple.

Mais très vite, la bande son laisse apparaître des petits accidents, des fissures qui, comme dans la peinture de Klein vont contaminer la perception. Aussi, la musique se transforme en son milieu au travers d’une séquence pulsée qui grossit comme échappant au sujet lui-même. Car, comme dans la perception des bleus monochromes de Klein, il vient un moment ou l’esprit ne peut que s’échapper de cet espace clos, se laissant emporter par une autre logique, personnelle et contaminée par l’obsession de la couleur.

La bande son repose principalement sur des sons de basses électrique, volontairement conçus et interprétés comme un musicien virtuel qui serait au côtés du pianiste, agissant comme un double, révélant des harmonies et parfois tirant le propos vers une dimension saturée et électrique, dans une recherche d’énergie lente mais puissante.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Pierre Jodlowski.