Pierre Jodlowski (1971)

Série-C (2011)

pour piano et bande son

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2011
    • Durée : 09 mn 30 s
    • Éditeur : partition téléchargeable sur le site du compositeur
    • Commande: fondation Royaumont
Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • Date : 24 September 2011
    Lieu :

    France, Royaumont


    Interprètes :

    Wilhem Latchoumia.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : sons fixés sur support (bande son stéréophonique (CD))

Note de programme

Cette œuvre s’inscrit dans le projet des "Séries" pour piano et bande son, cycle entamé en 2005 en étroite collaboration avec Wilhem Latchoumia. Sa particularité étant ici d’exploiter, et de rendre hommage, au piano préparé de John Cage (ici dans son œuvre Daughters of the Lonesome Isle). Composer pour cet instrument revêt bien sûr la difficulté principale de s’affranchir de la couleur si identitaire de la musique de Cage intrinsèquement liée au timbre modifié de l’instrument.

J’ai donc choisi ici de travailler une bande son très électrique, principalement réalisée avec une basse amplifiée, et qui repose dans la première grande partie, sur une alternance de deux sons polaires (mi bémol et sol bémol, en rapport de tierce mineure…). Cette ouverture qui se développe lentement laisse ensuite place à une zone plus libre avec des cadences dans le registre grave, zone non-préparée du piano. Minutieusement échantillonné au préalable, ce piano est donc comme "injecté" dans une bande son qui frôle des zones plutôt sombres, lentes et tendues, tant et si bien que la référence à John Cage semble disparaître. C’est d’ailleurs à cet endroit d’une disparition que me semble pertinente la notion d’hommage ; les traces laissées constituant toujours pour moi des point de départ nouveaux et non des chemins déjà balisés…

Le lien avec Cage se situe finalement ailleurs que dans la musique elle-même, dans l’humanité et la contemplation que portent en eux l’ensemble des sons de cette pièce.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  8. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  9. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  10. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Pierre Jodlowski.