Pierre Jodlowski (1971)

Le dernier songe de Samuel Beckett (2013)

pour saxophone ténor et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2013
    • Durée : 13 mn 40 s
    • Éditeur : partition téléchargeable sur le site du compositeur
    • Commande: éOle et Proxima Centauri
  • Genre
Effectif détaillé
  • saxophone ténor

Information sur la création

  • Date : 8 November 2013
    Lieu :

    France, Toulouse, festival Novelum


    Interprètes :

    Marie-Bernadette Charrier.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

L’idée de cette pièce m’est venue en lisant les ouvrages de Samuel Beckett. Parole définie sous l’angle de l’absurde, du moins pour ce qui est du théâtre ; parole marquée aussi par une méfiance profonde de l’analyse et un regard désabusé sur le monde, les hommes et la finitude.

Tentative de prolongement de cette parole, cette musique se construit autour d’un dialogue permanent entre le saxophone et l’environnement sonore qui l’entoure. Rien ici ne se développe vraiment et pourtant, en y regardant de près les matériaux compositionnels sont très économes, presque obsessionnels. On avance dans un espace chargé de références ponctuelles (apparitions de sons concrets évocateurs de possibles didascalies), et qui passe son temps à suggérer plus qu’à conduire.

Dialogue permanent donc, où la prise de parole tient du conflit autant que de la connivence. Très incarnée (organique), la bande son devient vite une sorte de personnage avec lequel il faut compter ! Il y a des rapports de force, des moments de bagarre ou de tendresse, de l’humour, souvent noir, des fantômes radiophoniques passé au vitriol, de la joie que nous dirait un jazz "très free" et de la tension produite par le spectre parfois très distordu de l’instrument.

Tout ici peut sembler improbable, un enchevêtrement de situations qui glissent les unes dans les autres, des énergies qui avortent et ne signifient rien, des états complexes et de grands vides, comme ce qui est souvent à l’œuvre dans nos songes...


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  7. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  8. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Pierre Jodlowski.