Aurélien Dumont (1980)

Fables asséchées (2013)

pour ensemble et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2013
    • Durée : 17 mn about
    • Commande: le GRAME, dans le cadre du concours New Forum Jeune Création
Effectif détaillé
  • flûte, clarinette, cor, trompette, trombone, percussionniste, violon, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 23 January 2014
    Lieu :

    Allemagne, Berlin, festival Ultraschall


    Interprètes :

    l'Ensemble Orchestral Contemporain, direction : Pierre-André Valade.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Gmem
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Charles Bascou
Dispositif électronique : temps réel, sons fixés sur support

Note de programme

Fables asséchées est une pièce pour ensemble de dix musiciens et électronique qui s’inscrit dans une réflexion sur le réseau aujourd’hui.

Dans nos sociétés mondialisées, où les informations circulent en abolissant certaines frontières spatiales et temporelles, je m’intéresse beaucoup aux liens et autres connections possibles ou improbables entre des éléments hétérogènes. Le projet consiste donc à l’écriture d’une pièce basée sur l’élaboration d’un réseau d’objets musicaux de natures extrêmement différentes, incluant sons concrets, O.E.M. (objets esthétiquement modifiés provenant de musiques rock, classique, baroque, de troubadours, etc.), ainsi que des objets « hybrides ».

Ces derniers font l’objet d’un travail électronique particulier, qui sera généré en temps réel durant l’exécution de l’œuvre - il s’agit, par exemple d’associer un son vocal préenregistré au geste instrumental du violon. Deux autres instruments font l’objet de traitements. La clarinette devient ainsi un « instrument augmenté », qui se voit associer souffles, sifflements et bisbigliando d’une harpe virtuelle. Le traitement du trombone consiste en l’élaboration d’une synthèse concaténative en temps réel, à partir des enregistrements sources des O.E.M.

Au niveau métaphorique, Fables asséchées s’inspire du roman La cristallisation secrète de Yoko Ogawa. Dans ce roman, la narratrice vit sur une île étrange, coupée du monde, dans laquelle les objets disparaissent progressivement, physiquement puis mentalement de la mémoire des habitants. Cela commence par la disparition des oiseaux, puis des romans, puis des mots et plus encore... Ainsi, la déstructuration progressive du réseau est au centre du projet musical, avec, par exemple, une utilisation des O.E.M. évoluant de la citation référencée (notamment avec le traitement électronique du trombone) à sa déformation complète. Formellement composée de sept petits mouvements séparés par des « marées électroniques », Fables asséchées repose en partie sur le principe structurel de ma pièce Flaques de Miettes 2008), où chaque mouvement débute sur la fin du précédent en le poursuivant dans une direction différente comme autant de tentatives unificatrices fuyantes vouées à leurs propres disparitions.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Aurélien Dumont.