Aurélien Dumont (1980)

Flots en fiole en flot (2011-2016)

concerto pour alto et ensemble

  • Informations générales
    • Date de composition : 2011 - 2016
    • Durée : 20 mn about
Effectif détaillé
  • soliste : alto
  • flûte, clarinette, basson, cor, trombone, percussionniste, piano, harpe, 3 violons, alto, 2 violoncelles, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 20 November 2011
    Lieu :

    France, Paris, Conservatoire national supérieur de musique


    Interprètes :

     arbara Giepner : alto, l'orchestre du Conservatoire, direction : Laurent Cuniot.

  • Date : 19 January 2016
    Lieu :

    nouvelle version, Paris, CRR


    Interprètes :

    Claire Merlet, alto ; l'ensemble 2e2m ; Pierre Roullier, direction.

Note de programme

Flots en fioles en flot est une pièce dont l'écriture est assez libre et intuitive. L’idée de travailler sur la forme du concerto m’a permis de réfléchir à la notion de la dialectique dans ma musique. Elle se manifeste ici doublement : dialectique entre l’idée du continuum (flot) et l’idée d’une marquèterie d’objets (fioles) et, d’autre part, entre une écriture classique de concerto (pour le soliste) et des investigations sur le timbre (pour l’ensemble). Les deux mouvements - Flots en fioles et Fioles en flot, explorent les deux possibilités de couplage entre continuum/marquèterie et ensemble/soliste. Ainsi, dans le premier mouvement, le soliste se verra confier les rênes de la continuité tandis que l’ensemble sera davantage dans la ponctuation d’objets. Dans le second mouvement, les rôles s’inversent. D’autre part, Flots en fioles en flot s’habille de ce que je pourrais appeler un côté expérimental lié plus spécifiquement au discours lui-même. En effet, plusieurs objets utilisés ici sont issus de pièces antérieures - principalement du cycle Nara et de mon quatuor de violoncelles Pastilles & apostilles. Ces objets sont, un peu à la manière de mes travaux sur ce que j’appelle les OEM - objets esthétiquement modifiés - prélevés, décontextualisés, réorchestrés, introduits au sein d’un discours de nature différente et mis en regard avec d’autres objets élaborés pour cette pièce. Ces derniers s’expriment dans un registre assez large - de l’objet virtuose, classique, presque référencé, aux abstractions expressives, et autres combinaisons de timbres. Poursuivant mes recherches sur l’hétérogénéité - comme une composition d’éléments d’essences différentes, tous ces objets sont jetés sur la partition comme autant de bouteilles lancées à la mer.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Aurélien Dumont.