Luis-Fernando Rizo-Salom (1971-2013)

Quatre pantomimes pour six (2013)

pour flûte, clarinette, cor, violon, alto et violoncelle

  • Informations générales
    • Date de composition : 2013
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Le Chant du Monde
    • Commande: État, ministère de la Culture et de la Communication
Effectif détaillé
  • flûte, clarinette, cor, violon, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 19 June 2013
    Lieu :

    France, Paris, Ircam, Espace de projection, ManiFeste 2013


    Interprètes :

    l'ensemble Court-circuit, direction : Jean Deroyer.

Titres des parties

  1. Lux ;
  2. Confrontation ;
  3. Lamento ;
  4. Beatbox Rap.

  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Note de programme

L’œuvre s’inspire du théâtre sans parole connu sous le nom de pantomime. Dans une pantomime, le mime incarne à lui seul différents personnages dans une situation quelconque. Le maquillage blanc sur son visage est un masque neutre qui lui permet de se glisser d’un personnage à l’autre de manière presque imperceptible. Dans ma pièce, plus qu’un personnage en particulier, j’ai voulu recréer des situations dans lesquelles la musique porte un message matérialisé par les sons. De la même manière que le mime exprime une idée sans avoir recours à la parole, mais avec des gestes, j’utilise ici des « gestes » sonores : le son est en effet, comme le mime, un langage capable de transmettre des émotions, des sensations et des idées. Pour le mime, la représentation est en fait le résultat d’une étude approfondie des symboles de la gestuelle humaine. J’ai, quant à moi, effectué un travail équivalent avec la musique, qui fonctionne de manière similaire : je me sers de gestes musicaux, auxquels je confère une symbolique inspirée d’une idée extramusicale. J’ai donc conçu quatre « pantomimes de sons » évoluant chacune dans un contexte précis, avec des sections aux contrastes clairs, qui suggèrent les ruptures liées aux changements de caractère.

La première pantomime, intitulée Lux, évoque les rêves, les souhaits, les idéaux et tout ce qui relèverait de l’intangible. Ce mouvement est orienté vers un effort collectif matérialisé par le jeu des instrumentistes, qui collaborent tous ensemble à une quête d’idéaux, musicalement incarnés par un flux de sons aigus entrelacés.

La deuxième section, Confrontation, est basée sur la fragmentation de cette pensée collective face à l’affirmation et la confrontation des identités individuelles. Deux bancs bien distincts se forment alors sur scène, opposant le trio à cordes et le trio à vents qui jouent toujours par blocs, en alternance. Les cordes sont traitées ici de manière percussive dans une texture polyphonique complexe, tandis que les vents se caractérisent par des sonorités raides sur des figures rythmiques à l’unisson.

Lamento figure un moment de recueillement. Il s’agit d’un adagio inspiré des chants de funérailles de Transylvanie utilisés par György Ligeti (à qui je souhaitais ici rendre hommage) dans le deuxième mouvement de son Concerto pour piano et ensemble.

Intitulé Beatbox Rap, le dernier mouvement fait éclater la fête, le jeu et le partage dans un contexte ludique. Je me suis inspiré bien sûr de la beatbox, cette pratique vocale où une seule personne est capable d’imiter simultanément avec sa voix divers instruments de musique, y compris de percussion. Cette tâche est ici assignée à la flûte basse, utilisée comme instrument principal, qui gère à la fois les mélodies, la percussion et l’accompagnement.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Luis Fernando Rizo-Salom, ManiFeste 2013.