Nicolas Mondon (1980)

Esquisse pour un point d'orgue (2007)

pour ensemble

  • Informations générales
    • Date de composition : 2007
    • Durée : 08 mn
Effectif détaillé
  • flûte basse, clarinette basse, trombone basse, piano [préparé] , violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 2007
    Lieu :

    France, Paris, Conservatoire national supérieur, salle d'orgue, Journées de la composition 2007


    Interprètes :

    les étudiants du CNSMDP, direction : Kanako Abe.

Note de programme

Cette pièce est la première version du deuxième mouvement de Peau puis pluie créée à l'atelier instrumental en mars 2007. À la fin de celle-ci apparaissait un élément en boucle, retournant obstinément sur lui-même. Étant dans l'impossibilité d'évoluer, il s'interrompait brusquement.

Esquisse pour un point d'orgue reprend cet élément où il s'était arrêté, et cherche à le faire durer, arriver à un point où il sera obligé de se transformer. Pendant toute la pièce, il jouera un rôle de centre de gravité. Pourtant, si cette fonction nécessite qu'il se répète, il doit aussi tenter de contourner son inertie pour ne pas s'asphyxier. L'énergie accumulée par les répétitions le fait alors dériver ou provoque une métamorphose brutale en un nouvel objet ; mais ces excursions l'altèrent, l'érodent. Il se crée alors une nouvelle boucle entre fixité et évolution.

Le motif est nourri de l'intérieur par une vibration qui va imposer son tremblé à l'ensemble de la texture. Les choix d'écriture et de timbre relèvent ainsi d'une recherche d'équilibre entre contour dessiné et estompé. Les liens entre timbre et harmonie ont été explorés à partir du piano préparé, autour duquel les autres instruments créent une sonorité à la fois creuse et ronde. Ces principes formels une matière peu volatile, parfois sourde, à l'image de la forme elle-même.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  7. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  8. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Nicolas Mondon.