Kasper T. Toeplitz (1960)

Bestiole (2011-2012)

musique pour une chorégraphie de Myriam Gourfink

œuvre électronique
œuvre scénique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2011 - 2012
    • Vidéo, installation (détail, auteur) : chorégraphie : Myriam Gourfink.

Information sur la création

  • 18 January 2012, Paris, Centre Pompidou, grande salle, par les danseuses : Clémence Coconnier, Cécile Debyser, Carole Garriga, Deborah Lary, Françoise Rognerud, Julie Salgues, Véronique Weil, régie technique, mise en réseau : Zakariyya Cammoun.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : REMU (Olivier Guillerminet) et CRFMW
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Patrick Delges (CRFMW)
Dispositif électronique : temps réel, sons fixés sur support

Note de programme

À observer la superposition des divers mondes cohabitant dans Bestiole, autant l'espace peuplé de lourds praticables, d'oscillations de lumières blanches au ras du sol, que la lente circularité de celles surplombant le dispositif – et l'autonomie absolue des deux niveaux – ou encore les corps habités d'une constante et frénétique lenteur, le spectateur peut percevoir, presque à les toucher du doigt, les mutations des créatures qui semblent appartenir à plusieurs mondes à la fois – que ce soit l'humain, l'animal voire le végétal ou le minéral – et qui, dans un fourmillement incessant, semblent vivre leur propres métamorphoses, comme autant de bestioles sorties de la nouvelle de Kafka. Mais par cette vision focalisée, à être comme trop près des évènements, mais également dans une linéarité temporelle, on ne pourra saisir la totalité du paysage, l'ensemble de cette architecture de mouvements, on n'en verra que des bribes, des images parcellaires semblant toutes d'une immobilité tendue et pourtant jamais identiques ; seule la chorégraphe, placée à la périphérie du dispositif qu'elle manipule pourra avoir une vision d'ensemble qu'elle n'aura de cesse de modifier, dans le temps même du spectacle, par le biais d'écrans suspendus – formant autant un ciel rempli de luminosité qu'une chape électronique suspendue juste au-dessus du grouillement – qui affichent les partitions des actions chorégraphiques à venir, et qui peut sembler être un contrepoint à la polyphonie de micro-bruits se mouvant au sol. Le dernier cercle, le plus vaste, englobant danse et public, est celui d'un son de graves quasiment imperceptibles, dont seuls se donnent à entendre les différentiels et les battements, vibrations qui provoquent le réveil des souffles lumineux d'un feu souterrain.

La démarche de Myriam Gourfink est centrée sur une exigence radicale du corps dansant/mouvant, contraint, qui se plie avec rigueur à d'autres temps étirés (la lenteur comme résistance), d'autres espaces interagissant (capteurs sensibles et micro mouvements) et d'autres écritures inventées (post Laban à l'ère numérique). C'est cette notion de (re)composition mais aussi de notation du mouvement contemporain qui est au centre de la démarche unique menée par une chorégraphe étroitement associée au compositeur/sculpteur sonore Kasper T. Toeplitz qui, lui aussi, amène le spectateur-auditeur à repousser ses limites perceptives. Un travail en recherche permanente qui redéfinit notre intimité la plus sensible. P. Franck

Figure de proue de la recherche chorégraphique en France, mais également invitée par de nombreux festivals internationaux (Springdance à New York, Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, festival La Bâtie à Genève, festival Danças Na Cidade à Lisbonne,...) Myriam Gourfink a été artiste en résidence à l'Ircam en 2004-2005 et au Fresnoy-studio national des arts contemporains en 2005-2006. Elle est, depuis janvier 2008, directrice du Programme de recherche et de composition chorégraphiques (PRCC) à la Fondation Royaumont.

Programme de la création, Cité de la musique, 18 janvier 2012.