Yann Robin (1974)

Crescent Scratches (2011)

quatuor à cordes n° 2

  • Informations générales
    • Date de composition : 2011
    • Durée : 11 mn
    • Éditeur : Jobert, Paris
    • Commande: Académie européenne de musique
    • Dédicace : à Raphaël Cendo
Effectif détaillé
  • violon, violon II, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 16 July 2011
    Lieu :

    France, Aix-en-Provence, Festival d'Aix-en-Provence, Hôtel Maynier d'Oppède


    Interprètes :

    le Quatuor Tercea.

Note de programme

Mon deuxième quatuor à cordes, Crescent Scratches, s’inscrit dans la continuité du premier, Scratches, sans toutefois recourir au dispositif électronique qui, dans le premier quatuor, me permettait d’amplifier les timbres et de transformer le son en temps réel.

Le terme de « crescent scratch » provient des techniques de jeu développées par les DJ sur leurs platines vinyles (« scratch »  ou « scratching ») que l’on retrouve dans le hip-hop et les musiques industrielles.

Crescent Scratches
est conçu à partir de deux principales idées : le glissando saturé (fréquemment pulsé), assimilable au « scratch », provoqué par l’aller-retour du disque sur la platine, et la notion de boucle qui consiste à reproduire une même séquence, variée ou non. J’ai conçu des boucles et agis sur leur vitesse d’exécution, sur leur superposition en strates et leur traitement par caractéristiques de timbre. Cela finit par rendre quasiment imperceptible le retour des boucles – un phénomène qui m’a particulièrement intéressé dans cette composition. La boucle se meut en micro-élément, moteur d’une intense activité dans une macrostructure, cette macrostructure elle-même étant dès lors perçue comme une masse totalement saturée en évènements.

La continuité entre ces deux quatuors se situe pour moi du côté du timbre et plus précisément dans la notation des différentes positions et pressions d’archet engendrant une large palette de sonorités saturées créant comme une aura autour du son des instruments. L’idée de « scratch » comme onomatopée décrivant une rayure, une éraflure, une rupture ou une déchirure reste également au centre du propos de Crescent Scratches.

Au-delà de l’électronique, l’endroit où se décèle la différence entre ces deux quatuors est dans la structuration de la forme et la gestion des événements. Crescent Scratches s’organise en un bloc d’une grande densité dans le traitement simultané des quatre instruments qui s’unissent là où, dans Scratches, j’articulais la forme en une succession de moments en solo, duo, trio et tutti.


  1. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  2. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Yann Robin.