Francesca Verunelli (1979)

Play (2010)

pour ensemble et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2010
    • Durée : 20 mn
Effectif détaillé
  • 1 flûte, 1 hautbois, 2 clarinette en mib, 1 basson, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone ténor-basse, 1 tuba, 2 percussionniste, 1 accordéon, 1 piano, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 23 October 2010, Paris, Centre Pompidou, Grande salle, concert Tremplin-Cursus 2, par L'ensemble intercontemporain, direction : Susanna Mälkki.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam, Cursus II composition et informatique musicale.
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Francesca Verunelli, Eric Daubresse (encadrement pédagogique)
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

« Il y a, dans plusieurs romans de Dostoïevski, un moment tragique où un personnage aperçoit son visage dans un miroir. C’est ce que j’appelle le « temps-accident ». C’est une simple question de compréhension : la géographie change et on se retrouve dans un endroit différent car ce même endroit est devenu différent. (...) La plupart des pièces se déroulent seulement à un niveau évident. Mais il y a d’autres niveaux sous la surface visible ; l'erreur est de supposer qu'ils sont plus sombres ou plus subversifs. En réalité, chaque niveau est une situation où une chose devient claire alors qu’elle était auparavant cachée. » Extrait d’une lettre d’Edward Bond à Sarah Kane.

Cette définition du « temps-accident » m'a semblé efficace pour exprimer une recherche formelle que je poursuis depuis longtemps. Celle d'une forme qui ne soit pas événementielle – accidentelle justement – ni réductible à un processus prévisible. Dans ce sens, Play – signifiant à la fois « jouer » et « pièce de théâtre » – n'est pas un titre mais un lieu. C’est l'endroit où la consistance du temps (généré par le jeu de l'écriture et révélé par le jeu instrumental) permet la vision d'une seule musique dans ses surfaces d'action multiples, chacune étant dotée de sa lumière propre. L'électronique s'inscrit dans cette spirale où la musique se tend, d'une tension organique et sans repos, jusqu'à faire « exploser » les lieux du temps écrit, en les poussant jusqu'à leurs conséquences extrêmes, dépassant au fur et à mesure les limites du monde acoustique instrumental. Une écriture du temps en fin de compte, qui nous conduit à découvrir que la musique était là, depuis le début.

Francesca Verunelli.