Vassos Nicolaou (1971)

Navigate (2008-2009)

pour ensemble et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2008 - 2009
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: Ircam-Centre Pompidou
Effectif détaillé
  • 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 clarinette basse, 1 basson, 1 cor, 1 trompette [en ut] , 1 trombone ténor-basse, 2 percussionnistes, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 1 piano, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • Date : 10 October 2009
    Lieu :

    Paris, Centre Pompidou, concert Tremplin


    Interprètes :

    l'ensemble intercontemporain, direction : Jean Deroyer.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Serge Lemouton
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

La pièce se découpe en trois parties. La première regorge de techniques non conventionnelles de jeu instrumental. Les sons se présentent souvent comme de brefs coups de pinceau sur une toile. La musique peut être perçue comme un accompagnement des Scènes de l'enfer de Hieronimus Bosch.

Dans la deuxième partie, des enveloppes (crescendi, diminuendi) sont appliquées aux sons et les modèlent à la manière du vent façonnant le sable au Sahara. Ces enveloppes sont contrôlées avec précision par des motifs rythmiques, eux-mêmes contrôlés par des changements de tempo. Je voulais donner l’impression au public de naviguer parmi des sons déjà existants. Par ailleurs, des sons très courts sont joués dans des agglomérats rythmiques comportant des mouvements géométriques rapides et chaotiques.

Dans la dernière partie, le tempo reste toujours rapide. J’ai introduit des figures « reconnaissables » dans mes matériaux en m’inspirant du phénomène de pareidolie* et je les ai composées de manière virtuose pour les instruments. Des enveloppes sont une fois encore appliquées, cette fois sur des structures globales et des couches multiples qui s’interpénètrent.

La partie électronique développe les nuances sonores de la partie instrumentale. Grâce à une synthèse croisée en temps réel, les sons instrumentaux interagissent digitalement avec des sons de nature complètement différente, créant des espaces artificiels. Les parties acoustique et électronique sont compatibles harmoniquement et établissent des relations hétérophoniques, comme si l’une reflétait l’autre dans un miroir.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  7. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  8. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Vassos Nicolaou, programme de la création, Ircam, le 10 octobre 2009.