Christophe Bertrand (1981-2010)

Ektra (2001)

pour flûte solo

  • Informations générales
    • Date de composition : 2001
    • Durée : 06 mn
    • Éditeur : Suvini Zerboni
    • Dédicace : à Olivier Class
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Flûte]
Effectif détaillé
  • 1 flûte

Information sur la création

  • Date : 16 June 2001
    Lieu :

    France, Strasbourg, Académie des Marches de l'Est, Cercle européen


    Interprètes :

    Olivier Class.

Note de programme

Composée en 2001, Ektra (du grec signifiant « haine », mais aussi jeu de mot avec « électrique ») est constituée de trois très courtes pièces ayant pour point commun une virtuosité extrême, exigeant de la part de l’interprète des moyens techniques très solides, ainsi qu’un caractère éminemment violent et hargneux ; les deux premières pièces développent chacune un aspect précis qui sera réutilisé dans la dernière (Velocissimo, molto teatrale), qui est elle-même tirée des Trois Arcanes (1996-1997).

Dans la première pièce, Prestissimo con odio, il s’agit d’un arpège montant brutalement, en legato, vers le registre suraigu ; cet arpège, sur toute la longueur de la pièce, tend à se raccourcir pour finalement se métamorphoser en des envols volubiles et brillants.

Dans la seconde pièce, Prestissimo virtuoso ed elettrico, il s’agit d’un continuum infléchi de minuscules variations de timbre et de hauteur, évoluant vers une figure chromatique de la synthèse finale, qui se trouve férocement interrompu par des arpèges descendants.

Dans Ektra, tout semble s’imbriquer tel un puzzle : une figure mineure se trouvera centrale dans la pièce suivante, de même pour une échelle harmonique ou encore une figure rythmique, ce qui lui confère une grande unité. Il est également essentiel de respecter les indications de respiration (ou mieux encore d’utiliser la respiration circulaire dès que possible), de sorte à donner l’impression que la violence soit maximale et ininterrompue pendant toute la durée de ces quelques cinq minutes.

Cette pièce est dédiée amicalement à Oliver Class, qui avait créé les Trois Arcanes en 1997.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Christophe Bertrand