Toshio Hosokawa (1955)

Utsurohi (1986)

pour shô et harpe

  • Informations générales
    • Date de composition : 1986
    • Éditeur : Schott
    • Cycle : dyptique avec Utsurohi-Nagi
Effectif détaillé
  • sheng - shô - orgue à bouche, harpe

Information sur la création

Note de programme

Cette œuvre composée en 1986 utilise un instrument traditionnel japonais, d'origine chinoise, que l'on trouve notamment dans la musique de cour, le gagaku: il s'agit du shô, sorte d'orgue à bouche construit en bambou ou en ébène. C'est un instrument à la fois mélodique et harmonique, aux sonorités lancinantes, mais aux fortes contraintes: son registre est d'environ quinze notes, il est accordé selon le principe de Pythagore et doit être chauffé à cinquante degrés avant d'être joué: il peut alors être utilisé pendant environ quinze minutes. Toshio Hosokawa a montré une certaine prédilection pour le timbre si particulier de cet instrument, pour ce sens de la continuité et de la transformation infinitésimale du son qui débouche sur une temporalité sans repère, non pulsée. Le terme même d'Utsuroi renvoie d'ailleurs à cette idée de changement progressif qui s'apparente aux lentes modifications de la lumière au cours d'une journée ou, à une autre échelle, au passage des saisons. Le compositeur s'est inspiré en ce sens des sculptures d'Aïko Miyawski, faites de courbes en fils d'acier posés sur une structure métallique et bougeant dans le vent. C'est le shô qui représente ici le changement: l'instrumentiste tourne autour de la harpe durant l'exécution, décrivant un arc de cercle, et symbolise les transformations de la lumière; la harpe serait alors associée à l'être humain, ou à la terre, et elle se situe au centre de la scène, immobile. Les modifications de timbres entre les deux instruments, dans un temps étiré, réalisent ce sentiment d'une évolution imperceptible qui s'apparente à un voyage intérieur.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Toshio Hosokawa