Toshio Hosokawa (1955)

In die Tiefe der Zeit (1994-1996)

pour violoncelle et accordéon

  • Informations générales
    • Date de composition : 1994 - 1996
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : Schott
Effectif détaillé
  • violoncelle, accordéon

Information sur la création

Note de programme

Depuis quelques années, je travaille à ce que j’appelle « l’écoute profonde du son ». Cette écoute lente, verticale, du paysage sonore prend du temps, le temps qu’il faut pour regarder ce paysage en constante mouvance, comme si l’on contemplait un tableau. Le temps de l’écoute, en se demandant d’où vient le son et comment il est arrivé là. L’air a traversé un espace vide, vide de sons, il a heurté un solide, il a produit un son. L’écoute captive du paysage de la genèse, de la création et de l’extinction de ce son… Comme si l’on suivait attentivement le lent cheminement d’un nuage dans le ciel.

Mais peut-être n’est-il pas possible d’écouter le son de cette manière. Depuis les profondeurs de ses origines, le moindre son porte en lui un monde d’une richesse infinie.

Je voudrais que l’expérience de ce son nous fasse ressentir l’énergie de la nature qui circule dans les profondeurs les plus lointaines de notre être, qu’elle nous fasse prendre conscience d’un profond silence.
Tout son est comme la vapeur d’un nuage délicat qui, en traversant ses phases successives, superpose des couches de temps les unes sur les autres. Comme les nuages de couleur qui flottent dans telle peinture de Mark Rothko, comme ceux qui s’évanouissent à l’horizon d’un paysage de Turner, comme ceux d’un tableau bouddhiste japonais sur lesquels ont pris place les musiciens de cour qui accompagnent la descente du bouddha. Il y a toujours des nuages qui flottent dans les lieux de révélation du sacré.

Ici, l’alto incarne le principe masculin et l’accordéon le principe féminin. L’alto est la voix humaine, l’accordéon l’écho en sympathie de cette voix, telle une matrice fertile qui l’enceint. Les deux instruments façonnent un paysage musical mythique.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Toshio Hosokawa.