Denis Cohen (1952)

Nexus (2000)

pour clarinette et treize instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 2000
    • Durée : 19 mn
    • Éditeur : Nodus
    • Cycle : Concerti grossi a una parte
    • Commande: Ministère de la Culture
Effectif détaillé
  • soliste : 1 clarinette
  • 1 flûte (aussi 1 flûte piccolo), 1 hautbois, 1 saxophone alto, 1 basson, 1 cor, 1 trompette, 1 percussionniste, 1 piano (aussi 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur), 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • Date : 20 January 2003
    Lieu :

    Paris


    Interprètes :

    l'ensemble 2e2m dirigé par Pierre Roulier.

Note de programme

Après Mémoire de vague (alto et quatre instruments), Waves (alto et ensemble), Flexus (flûte et ensemble) et Plexus (hautbois et ensemble), Nexus (pour clarinette et ensemble instrumental dont le soliste est extrait) fait partie d’une série de concertos que l’on pourrait appeler « concerti grossi a una parte » (puisqu’il ne s’agit pas exactement d’un groupe de solistes opposés à un ripieno, mais d’un soliste engendrant des situations musicales à caractère fixe ou évolutif).

Cette pièce a en commun avec les quatre précédentes un caractère de virtuosité attaché à l’histoire des concertos, avec un double (ici le saxophone) et peut-être est-ce-là le seul effet cyclique que constitue cet ensemble d’œuvres.

Le matériau, d’abord fourni par le soliste, fonctionne ici à partir de 9 comportements de base qui sont recyclés dans un réseau de 11 sections divisées, pour huit d’entre elles, en trois parties. L’on pourra reconnaître dans cette axiomatique numérique une énième déconstruction des formes tripartites triturées par l’histoire (vif, lent, vif et ses déclinaisons).

Pourtant le rapport de ces sections, en accordéon pour ce qui concerne la durée, exploite davantage l’intrication momentanée d’éléments de succession ou la projection dans le temps d’éléments superposés, que l’opposition déclaratoire des comportements instrumentaux de style concertant. Somme toute, tout un chacun se concerte, ou concerte avec les autres (ou pense le faire), dans une union aussi bien qu’un conflit.

Dans ce contexte, le voyage que constitue une forme est un nœud (nexus) de situations déployées dans une temporalité dont les composants sont et successifs et simultanés.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Denis Cohen