Denis Cohen (1952)

Waves (1997)

pour alto et 10 instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 1997
    • Durée : 19 mn
    • Éditeur : Nodus, Paris
    • Cycle : Concerti grossi a una parte
    • Commande: Fondation Natexis
Effectif détaillé
  • soliste : 1 alto
  • 1 hautbois, 1 clarinette, 1 basson, 1 cor, 1 percussionniste, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • Date : April 2005
    Lieu :

    Paris


    Interprètes :

    Christophe Desjardins : alto et L’Instant Donné.

Note de programme

Waves est une extension orchestrale de Mémoire de vague.

« Le soliste est un médiateur entre la complexité compositionnelle et l'écoute immédiate ». Voici ce qu’en dit Michel Rigoni : Mémoire de vague comporte trois moments principaux. La première partie, plus développée, est marquée par l'alternance de textures souples et mouvantes de l'ensemble et d'inserts solistes de l'alto, traits d'une grande vélocité, à la limite du possible, pulsée par les accents des vents et de la contrebasse. Le principe d'alternance se retrouve dans les changements constants de tempi.

Des accords réguliers propulsent l’œuvre dans sa deuxième partie. Une polyphonie bruissante de notes répétées crée un dépaysement sonore. L'écriture progresse alors vers une scission en deux groupes homorythmiques; ce dispositif est interrompu par le retour des percées du soliste. Le gel des autres instruments sur un accord permet l'essor d'une cadence de l'alto.

La troisième phase se caractérise par un traitement plus global. L'alto, toutefois, s'individualise encore par ses figurations propres, tandis que le reste de l’ensemble se souvient des formulations qui ont jalonnée la pièce depuis son commencement. L'écriture se densifie, puis cède en intensité laissant l'espace aux phrases lyriques de l'alto en sourdine. L’œuvre s'apaise finalement dans la douceur.

La version pour « ensemble » laisse respirer le soliste, éclate davantage l’aspect polyphonique et suggère que cette « orchestration » peut encore se poursuivre dans une œuvre à venir.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Denis Cohen