Philippe Schœller (1957)

Tree to Soul (2006-2008)

troisième quatuor à cordes

  • Informations générales
    • Date de composition : 2006 - 2008
      Dates de révision : 2010 - feb 2010
    • Durée : 20 mn
    • Éditeur : Durand, Paris
    • Commande: Katrin et Werner Rabus
    • Dédicace : au Quatuor Kaïros, à Katrin et Werner Rabus, avec toute mon amitié
Effectif détaillé
  • violon, violon II, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 18 February 2009
    Lieu :

    Allemagne, Bremen


    Interprètes :

    le Quatuor Kaïros.

  • Date : 20 February 2010
    Lieu :

    Allemagne, Berlin, Villa Elisabeth, Invalidenstr.


    Interprètes :

    le Quatuor Kaïros.

Note de programme

Une vision.
Pour ce second quatuor à cordes, une vision, très forte, troublante, en fut l'étincelle, la source : un matin, juste au sortir d'un rêve, en mai 2006, j'entendais dans mon ouïe intérieure un climat-film sonore,  une musique-visualisée où tout n'était que très large mouvement, voyage dans la vastitude, espaces dilatés, ciels, déserts, planètes, caroussels de galaxies en tourbillons.
 
Sensations de changement d'échelle du temps et de l'espace toujours dans le plus, le « encore plus », comme un arbre qui s'ouvre toujours et toujours vers plus de branches, de lignes générant des lignes, sans s'arrêter. L'âme?
 
Pourtant tout ce mouvement se passait dans le subtil, le léger, le fluide. Alors Tree to Soul,  et le quatuor à cordes comme instrument idéal pour traduire cette vision.
 
Dans la partition tout est construit autour de la figure de la greffe,  du germe qui modifie une matière d'écriture comme une étincelle de vie construit un arbre par des bifurcations infinies d'une branche qui glisse vers une autre branche. Beaucoup de nuances infimes, de larges lignes qui fusent vers le silence. Aussi un très grand soin est pris dans l'écriture des couleurs, des poids acoustiques de chacune des 4 cordes de chaque instrument. La répétition reliée à la nuance sont fondamentales ici.

Et j'ai voulu et écrit toute cette vastitude dans un temps de perception où l'on est très rarement débordé, où l'on a grande facilité à tout percevoir et par conséquent à « creuser le ciel », comme disait Charles Baudelaire.
 
Un dernier point : la salle de concert où est joué Tree to Soul devrait – dans la mesure du possible – avoir une réverbération naturelle assez importante. Dans le calme et le silence le plus bienfaisant, alors le son naît et croit, il se diffuse comme la sève dans l'arbre.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Philippe Schœller.