Philippe Schœller (1957)

Géologia, poème de Claude Faïn II (2001-2002)

pour chœur mixte a cappella

  • Informations générales
    • Date de composition : 2001 - 2002
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Editions Musicales Européennes
    • Commande: Jeune Chœur de Paris et Cité de la musique
    • Dédicace : à Laurence Equilbey
    • Livret (détail, auteur) :

      sur un poème de Claude Faïn (éditions Farrago)


      1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

      2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

      3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

      4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

      5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

      6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Effectif détaillé
  • chœur mixte(6 soprano, 6 contralto, 6 ténor, 6 basse)

Information sur la création

  • Date : 23 May 2002
    Lieu :

    France, Paris, Cité de la musique


    Interprètes :

    le Jeune Chœur de Paris, direction : Laurence Equilbey.

Note de programme

Géologia, recueil de quatre poèmes du poète Claude Faïn, disparu subrepticement en août 2001, ami depuis plus de dix-sept années. Nous entendrons, ici, ce soir, la musique pour chœur a cappella que j’ai composée à partir du second poème : Sur la face interminable du rien. Musique de la voix à nu. Point zéro du musical, source initiale. Des voix et de la voix. Rayonnement des corps en chœur. Géologia : littéralement ; parole (logos) de la terre. Principes arborescents de développement d'un flux, d'un souffle, comme un arbre vocal dont le sol, la terre comme un repère – le fil de l'écoute – fait usage ici non pas de thèmes ni de mélodies mais de données dépouillées et radicales de l'écoute vocale : lignes, surfaces, perspectives, timbres tensions, intervalles mis à nu. Ou encore textures d'un souffle traversant la précise structure harmonique donnée. Tel le vent, le souffle vivant filtrant nos cordes vocales, mais surtout l'énergie du poème filtrant le chœur comme un seul corps démultiplié par l'énergie de chacun des chanteurs. La matière sensible, commune au poète et au musicien, est ici une matière souffle. Je veux une pureté, au sens de la clarté, de la lisibilité, totale du souffle. Comme si la matière de l'espace vocal étant le silence (par définition il n'y a de son sans silence) – aujourd'hui si difficile d'accès – l'antimatière de celui-ci devient alors le souffle, porteur du verbe pour le poète, terre du son pour le musicien. Telle est selon moi la logique musicale des corps vivants rayonnants sur la scène. La scène comme une page blanche à mettre en mouvement par le signe. La forme, c'est-à-dire la formation d'une durée singulière au poème et sa géométrie auditive, procède par variations, courts-circuits, prémonitions ou réminiscences. Cet espace-volume, qui se définit par la perspective, le point de fuite, la lancée vers un horizon, soit de silence , soit de fureur solaire, invite – je l'espère – de par sa nature directe, immédiate car vocale et partagée par chacun et tous, invite à l'évocation. Évoquer. Comme un appel, un éveil ou une aimantation. Gravitation.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Philippe Schœller.