Jérôme Combier (1971)

Rust (2009)

pour deux clarinettes, deux trombones, percussions, piano et quatuor à cordes

  • Informations générales
    • Date de composition : 2009
    • Durée : 16 mn
    • Éditeur : Lemoine, Paris
    • Commande: État
Effectif détaillé
  • 2 clarinettes, 2 trombones, percussionniste, piano, violon, violon II, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 19 March 2009
    Lieu :

    Paris


    Interprètes :

    l'Ensemble 2e2m, direction : Pierre Roullier.

Note de programme

Rust signifie rouille et sous-entend inévitablement le métal qu'elle recouvre. Rust est minérale, mais d'un minérai qui a souffert du temps et qui préfigure par les recouvrements successifs de cette rouille justement un envahissement quasi végétal. Rust ne se départ pas dans mon imagination d'herbes, de lichen, de fleurs. Je garde en mémoire ce beau tableaux d'Anselm Kiefer rencontré à Rome al museo delle Scuderie del Quirinale, il y a plusieurs années, constitué de feuilles de plomb, de couleurs bleues denses, de rouilles et de fleurs séchées. Rust est lourde comme le plomb (« Il faut être lourd écrivait Jean-René Huguenin, il faut être une sorte d'éléphant dans la forêt vierge »), elle s'enfonce dans le registre grave duquel elle ne s'extirpe que par inserts, par déchirements métalliques. Rust fait appel à une petite numérologie personnelle qui décline une série de proportions
17 double-croches 17 noires 17 noires pointées 17 rondes / 7 double-croches 7 noires 7 noires pointées 7 rondes
Plusieurs tempi proportionnels (ronde=47 ronde=59 ronde=71 ronde=95) définissent des qualités d'écritures différentes (choral, contrapuntique, rythmique).
L'alternance de ces écritures, plus ou moins rapide, plus ou moins saccadée, fragmente le discours, mais crée aussi pour finir une impression de polyphonie de formes.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Jérôme Combier