Alberto Posadas (1967)

Snefru (2002)

pour accordéon et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2002
    • Durée : 09 mn 05 s
    • Éditeur : Editions Musicales Européennes
    • Dédicace : à Esteban Algora
Effectif détaillé
  • accordéon

Information sur la création

  • 3 July 2002, Espagne, Madrid, Musée national d'art moderne et contemporain Reina Sofía, Journées d’informatique et d’électronique musicale, par Esteban Algora.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

Snefru est le premier pharaon de la IVe dynastie de ce qu’on appelle l’Ancien Empire de l’Égypte antique. Au cours de son règne, aux alentours de -2575 à -2551/-2550, il a non seulement ordonné la construction de plus de pyramides que tous les autres souverains avant lui (trois au moins nous sont parvenues), mais ces pyramides sont les premiers spécimens de « véritables » pyramides, à faces lisses. Elles serviront ensuite de modèle pour les pyramides postérieures, à commencer par celles, célèbres, de Gizeh - au reste, le successeur de Snefru sur le trône d’Égypte n’est autre que son fils, Khoufou, plus connu sous le nom hellénisé de Khéops. Son rôle est donc considéré comme déterminant dans l’évolution architecturale. C’est l’une de ces pyramides, celle dite « brillante » ou « rouge », située au nord du site de Dahchour, au sud de Saqqarah, qui a servi de base à la composition de cette œuvre pour accordéon et électronique.

Les dimensions (longueur des côtés de la base, hauteur, diagonale, arête et apothème), angles et surfaces de la pyramide créent un réseau de relations numériques utilisé pour guider le discours musical, de la structure globale (distribution de la forme et du matériau) aux plus infimes détails compositionnels (séquençage rythmique, densités et registres de traitement, etc.).

Quant au matériau musical lui-même, il est hautement idiomatique et explore toutes les possibilités de l’accordéon: articulation par « bellows shake » (secouer le soufflet de l’instrument, dans un sens puis dans l’autre), vibrato, répétition rapide de notes sur un ou deux claviers, ricochet... Un discours polyphonique se déploie également, non pas uniquement entre l’accordéon et l’électronique, mais avec l’accordéon seul: on fait naître des accords en ajoutant ou supprimant graduellement des touches, ou en créant des « courbes » non synchronisées de trilles, ponctuées de notes accentuées réparties sur les deux claviers.

Tout ce matériau est traité dans une vision fusionnelle des sons acoustique et électronique, l’électronique étant totalement amalgamée à l’instrument: accordéon et électronique sont considérés, non pas comme deux instruments mais un seul.

Snefru figure ainsi une tentative d’établir la relation la plus étroite possible entre l’architecture et la musique, ou, ce qui revient au même, de transposer l’espace (architectonique) au temps musical.

 

Programme ManiFeste 2015, d’après Alberto Posadas (tr.: J.S.).