Lorenzo Pagliei (1972)

Le voci inesatte (2006)

pour voix, percussions automatisées et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2006
    • Durée : 11 mn
    • Éditeur : Suvini Zerboni, Milan
    • Dédicace : à Anne Shin
  • Genre
    • Musique vocale a cappella [Soprano]
Effectif détaillé
  • soprano solo

Information sur la création

  • Date : 13 October 2006
    Lieu :

    Paris, Ircam, Espace de projection, concert Cursus


    Interprètes :

    Anne Shin, soprano.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam, Cursus de composition et informatique musicale.
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Jean Lochard (encadrement pédagogique), Lorenzo Pagliei
Dispositif électronique : temps réel (avec 4 caisses-claires automatisées)

Note de programme

Une voix est placée au centre d’un espace délimité par quatre caisses claires. Jouées par l’ordinateur en temps réel sur la membrane, elles exécutent des rythmes humainement impossibles à réaliser ; jouées sur leurs timbres, elles créent des harmonies, des plus claires au plus distordues. La voix explore à tâtons cet espace inconnu et tente une interaction en cherchant continuellement un langage possible : elle devient percussion, « mailloche » d’instruments réels ou simulés. La percussion, quant à elle, cherche une mimesis du langage et peut réagir à la voix en temps réel. Elle s’y superpose de façon dramatique, couvre les paroles, rendant ainsi la communication impossible. Il s’agit d’une étude sur le masquage de la parole par des bruits à large bande et de couches de bruit par d’autres couches de bruit. Autour des instruments et de la voix, un orchestre de matériaux simulés est créé : membranes, bois, métaux.

Plutôt qu’un véritable texte, sont utilisés divers comportements vocaux. Les seules phrases compréhensibles sont élaborées à partir d’un ouvrage du philosophe italien Emilio Garroni. Je me suis également inspiré de réflexions d’Henri Michaux sur le dessin et le langage tirées de Emergences - Résurgences.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Lorenzo Pagliei.