Lorenzo Pagliei (1972)

Le belle relazioni (2004)

pour piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 2004
    • Durée : 10 mn about
    • Éditeur : Suvini Zerboni, Milan, nº S. 12336 Z.
    • Dédicace : à Andrea Corazziari
Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • Date : 8 June 2004
    Lieu :

    Allemagne, Berlin, BKA Theater


    Interprètes :

    Andrea Corazziari.

Note de programme

Le Belle Relazioni est une exploration des frontières entre les relations verticales et horizontales, et en particulier entre l’harmonie et la mélodie. Un des problèmes de la musique contemporaine qui n’adopte pas un langage commun est de savoir quel type de relations harmoniques motive le passage d’un accord au suivant. La musique atonale (ou plutôt : sans tonalité) est-elle seulement une suite arbitraire d’accords ? Quel genre de processus harmoniques doit être imaginé pour réaliser une logique harmonique perceptible ? D’un côté, nous avons l’esthétique du « continuum » qui suggère l’adoption de processus de transformation, et d’un autre côté nous avons toutes les organisations possibles de systèmes arbitraires, discontinus ou complémentaires.

Un autre problème est celui des lignes mélodiques : quels types de lignes mélodiques peuvent être développées à partir d’une organisation harmonique ; je réfute l’abus de trilles et de tremolos comme unique moyen de rendre le son plus vif. La mélodie est toujours quelque chose d’autre, souvent inexplicable, c’est quelque chose de miraculeux qui s’appuie sur (et autour de) l’harmonie, qui joue continuellement avec elle, glissant à l’intérieur et en dehors des notes qui la composent. J’ai essayé d’écrire une musique « diagonale » en utilisant des processus et des successions harmoniques, en les confirmant ou en les niant à travers la mélodie. En outre, j’ai cherché à réaliser une structure temporelle en strates, procédé que l’on retrouve souvent dans ma musique.


  1. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  2. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  3. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  4. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  5. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Lorenzo Pagliei.