Dai Fujikura (1977)

Swarming essence (2006)

pour orchestre et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2006
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : Ricordi, Londres
    • Commande: Ircam-Centre Pompidou et Radio France
Effectif détaillé
  • 2 flûte (aussi 1 flûte alto [ou piccolo] ), hautbois, cor anglais [ou hautbois d'amour] , 3 clarinette (aussi 1 clarinette basse), 2 basson (aussi 1 contrebasson), 4 cor, 2 trompette, 2 trombone (aussi 1 trombone basse), timbales, percussionniste, 6 violon, 6 violon II, 5 alto, 4 violoncelle, 3 contrebasse

Information sur la création

  • 9 June 2007, France, Paris, Radio France, par l'Orchestre philharmonique de Radio France, direction : Reinbert de Leeuw.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Manuel Poletti
Dispositif électronique : temps réel (traitement dominant sur 5 musiciens et traitement léger sur la globalité de l'orchestre. Emplacement de ces 5 musiciens : regroupés au fond de l'orchestre.)

Note de programme

Selon Dai Fujikura, il y a dans Swarming essence « l'image de poissons, d'oiseaux ou d'insectes, essaimant », le curieux désir « d'être un poisson », de voir soudainement le gros poisson surgir d'une foule de petits poissons, quitter l'eau pour s'envoler : « J'imagine aussi l'eau dans laquelle ils étaient en train de nager (...), maintenant, les poissons, qui volent encore, gambadent autour de cubes de glace (...) flottant dans les airs. Là, je vois les reflets de la lumière sur les corps de poisson. » Si l'écriture musicale de Dai Fujikura repose généralement sur l'utilisation de matériaux extrêmement contrastés (lignes, textures, rythmes), Swarming essence tente de réunir ces éléments en leur redécouvrant, dans leur genèse, quelque chose de similaire. Dai Fujikura recourt pour cela à un logiciel (CaTaRT) développé par une équipe de travail sur les interactions musicales en temps réel à l’Ircam (IMTR, Diemo Schwarz). Un logiciel favorisant l'adaptation de fragments de sons préenregistrés, et leur exploitation selon leurs caractéristiques sonores propres. Pour l'instant, il est notamment possible de travailler sur la hauteur ou l'intensité, mais cela permet surtout d'« explorer un large corpus d'interactivités », et d'imaginer de nouvelles mélodies, de nouveaux rythmes ou des structures timbriques différentes : « dans la partie orchestrale, les textures ont été écrites à partir d'un lent contrepoint lyrique, que j'ai emprunté à des pièces plus petites. Cela reflète les granulations de l'électronique et, comme celles-ci ont été conçues pour instruments acoustiques, chaque part demeure identifiable en raison du tempo des lignes. »

Vers la fin de la pièce, le recours à un autre programme développé par Manuel Poletti permet de redistribuer des données extraites dans deux mesures présélectionnées du tutti : « dans cette partie, vous pouvez l'entendre dans la confrontation d'un ensemble de cuivres avec les cordes, tandis que l'orchestre joue des fragments du contrepoint lyrique. Ici, mon intention était de colorer l'effet habituel du tutti par le monde sonore électronique (souvent fragmenté avec des textures éparpillées), et de créer exactement l'opposé. »

Synthèse sonore par corpus mise en œuvre en collaboration avec Diemo Schwarz, équipe Interaction Musicale Temps-Réel à l'Ircam, réalisée par le système CataRT. Cette recherche est soutenue par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet SampleOrchestrator.