Pedro Amaral (1972)

String Quartet (2003)

pour quatuor à cordes

  • Informations générales
    • Date de composition : 2003
    • Durée : 25 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: Fondation Gulbenkian
    • Dédicace : Barbara and Konrad Stahl
Effectif détaillé
  • 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle

Information sur la création


  • Lieu : France Ivry-sur-Seine
    Interprètes : quatuor Parisii.

Note de programme

Face à une formation instrumentale tellement surchargée d'histoire, abondante dans ses connotations individuelles et stylistiques — de Haydn et Mozart, de Beethoven et Schubert jusqu'à Brahms, aux trois Viennois et à Bartók... — survient aujourd'hui une impression de presque « extemporanéité » dès lors qu'on accepte de composer pour quatuor à cordes.

Le compositeur peut assumer toute ou partie de l'histoire et de la tradition qui le précèdent ou, au contraire, les refuser dans un accès de nihilisme (par acte singulier ou doctrine esthétique), essayant de faire table rase. Les deux postures incarnent par ailleurs une opposition de base qui articule toute une partie fondamentale de la musique européenne au sein de la deuxième moitié du XXe siècle : opposition entre continuité historique et rupture, entre l'acceptation d'une pensée ancestrale qu'il faut renouveler ou réinventer, et la négation aprioritique d'une telle pensée.

Dans les deux cas, que ce soit par la voie d'une continuité (dans laquelle, personnellement, je me situe) ou par la nécessité d'une rupture, face à une formation instrumentale tellement surchargée d'histoire, abondante dans ses connotations individuelles et stylistiques, même en acceptant le poids d'une tradition, il me semble fondamental de la reformuler autant que possible, de chercher obstinément de nouvelles formes d'écriture, de nouvelles logiques de répartition et de conjugaison entre les 4 instruments sur scène ; il faut à chaque fois tenter de réinventer le Quatuor — sans une telle utopie en tant que limite, comment supporter le poids de tant de paradigmes ? ...

Pedro Amaral.



  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.