Jean-Louis Florentz (1947-2004)

Second chant de Nyandarua (1985-1995)

Litanies pour douze violoncelles (aussi huit violoncelles)

  • Informations générales
    • Date de composition : 1985 - 1995
    • Durée : 14 mn
    • Éditeur : Alphonse Leduc
    • Opus : 11
    • Commande: Radio-France
    • Dédicace : à Marcel Bardon, Paul Boufil, Yvan Chiffoleau, Philippe Muller et Dominique de Willancourt.
Effectif détaillé
  • 12 violoncelle

Information sur la création

  • 2 March 1996, Radio France, festival Présences 96, par violoncelles de l'orchestre de Radio France, direction : Didier Benetti.

Note de programme

[...] la version pour quatuor de violoncelles de ces Litanies est en réalité le reliquat d’un vaste mouvement symphonique où huit violoncelles concertaient ensemble, comme un « chœur », avec un grand orchestre. C’était le second mouvement des Marches du soleil, op. 4, diptyque créé à Munich en 1984. Insatisfait de ce second mouvement, j’ai conservé l’essentiel de la matière des violoncelles pour la repenser dans un cadre instrumental, sans me limiter à une formation en quatuor, car cette matière musicale reste intrinsèquement symphonique.

Les douze violoncelles du Second Chant de Nyandarua, op. 11, présentent une version remaniée, plus développée, mais surtout une « lecture » plus exacte de mes intentions initiales…

Le titre des deux ouvrages indique le caractère « initiatique » de ces Litanies, inspirées de chants religieux entendus de loin en loin dans le Nyandarua, chaîne de montagnes située sur le bord de la Rift Valley, au Kenya. C’est un des hauts-lieux du culte divin des principales ethnies du pays.

Ces deux ouvrages ne sont qu’une indicible nostalgie, un « mal du pays » incœrcible que seuls peuvent ressentir ceux qui ont passé de nombreux mois dans cette immensité mystérieuse et envoûtante qu’est le Tsavo (au sud-est du Kenya), savane à acacias et baobabs qui s’étend au pied du Kilimandjaro, jusqu’à l’Océan Indien. Il faut avoir entendu le Calao gris (Tockus nasutus, L.) creuser le silence de cette étendue splendide pous être marqué à jamais par l’insondable magie de l’Afrique orientale, qui est aussi le berceau de l’Humanité...

[...] les violoncelles jouent presque constamment dans la même tessiture et les tierces parallèles, très fréquentes dans la musique africaine, surtout Bantu, donnent à l’ensemble une couleur typée qui évoque, ici et là, les intonations harmoniques du Reggae ou de certaines musiques est-africaines récentes…

De même que tous les oiseaux africains qui interviennent dans ma musique en général, le Calao gris est un agent rythmique, c’est-à-dire un commentateur, un répondeur et un stimulateur de sens de ce petit « conte africain » qu’est le Chant de Nyandarua.

Jean-Louis Florentz (extrait de la préface de la partition), éd. Leduc.