Kaija Saariaho (1952)

Nox Borealis (2008)

installation

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2008
    • Vidéo, installation (détail, auteur) : Jean-Baptiste Barrière, image, enregistrements sonores Unto K. Laine, réalisation Image auditive
    • Durée : 16 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: production Centre d'art et de technologie d'Espoo CARTES, dans le cadre de 100% Finlande, Printemps finlandais 2008.

Information sur la création

  • Date : 5 June 2008
    Lieu :

    Paris, Insitut finlandais, festival Agora 2008.


Information sur l'électronique
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Note de programme

Nox Borealis est une installation musicale et visuelle qui trouve son inspiration dans deux sources très différentes : l'une musicale, la pièce Lichtbogen de Kaija Saariaho, l'autre sonore, les enregistrements acoustiques réalisés pendant des aurores boréales par le professeur Unto K. Laine (Laboratoire d'acoustique et de traitement du signal de l’Université de technologie d’Helsinki).

Lichtbogen, « arches de lumière » en allemand (1986), est une pièce pour ensemble instrumental (neuf musiciens) et électronique, que Kaija Saariaho a composée après un voyage, en 1985, au-delà du cercle polaire, où elle a pu assister, avec Jean-Baptiste Barrière, au spectacle magique et énigmatique des aurores boréales se déployant dans le ciel.

Les documents sonores de Unto K. Laine, que Saariaho et Barrière ont pu écouter et étudier, sont les supports de recherches pour tenter d'analyser et de comprendre ces phénomènes naturels dans l'environnement riche et complexe de la nuit boréale. Ces deux sources d’inspiration, comme deux « visions » des aurores boréales, se révèlent aux deux extrêmes : l'une subjective, qui n'essaie pas de décrire ces phénomènes mais s'en inspire comme point de départ de l'écriture musicale, l'autre qui se veut objective, et tente de la décrire au plus près, mais demande néanmoins interprétation.

Pour Nox Borealis, à partir d’un enregistrement multipistes en studio de Lichbogen, qu’ils ont remixé, traité et spatialisé, Kaija Saariaho et Jean-Baptiste Barrière ont imaginé une dimension visuelle, avec des images abstraites de synthèse. Celles-ci sont inspirées par la musique comme par les aurores boréales elles-mêmes et projetées en l’air, afin, autant que possible, d’immerger le public dans une situation évoquant celle des spectacteurs de ces phénomènes, étendus dans la neige et scrutant les larges mouvements de lumière qui sillonent les ciels d'hiver nordiques.

Partant de cette réflexion sur les aurores boréales et de l’analyse des formes musicales et plus particulièrement des timbres dans Nox Borealis, cette partie visuelle esquisse ainsi un chantier spéculatif sur l’exploration des relations croisées de la musique et de l’image, à travers une exploration de la lumière et de la couleur. Lors de l’exposition à l’Institut finlandais, les travaux scientifiques du professeur Laine seront présentés par lui-même pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur ces recherches. Pour Agora, l’installation est proposée en version de concert.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Note de programme Agora, samedi 7 juin 2008.