Andrea Cera (1969)

Os (2006)

musique pour une chorégraphie de Pascal Montrouge


œuvre scénique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2006
    • Durée : 50 minutes
    • Éditeur : Inédit

Information sur la création

  • 17 November 2006, festival Aujourd'hui Musiques à Perpignan., par Interprètes : Romain Bertet, Romain Cappello, Cécile Maubert-Mantsoe ou Diane Soubeyre, scénographe : Marie Compagnon, styliste : Gaspard Yurkievich?, créateur lumières : Éric Wurtz.?

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Observations

Effectif : 2 lecteurs CD, système de diffusion théâtre avec lignes séparées pour façade et scène, subwoofers.

Note de programme
    <p><em>Everything stolen except my bones now I am only bone I waited for peace and here is my peace here in this still last moment of my life</em>. <br /><strong>Brian Eno – Bone Bomb</strong></p><p>"Sortir de soi, observer sa vie, regarder sa mort. L’os est un cri de l’exil. La dernière poésie qui doit sortir de soi”. <strong>Pascal Montrouge 

</strong></p><h4>L'exode ou le royaume
</h4><p><em>Os</em>, est une longue marche, étirée, déformée. « La marche n'existe que par la tension permanente qu'il y a entre tomber et se relever», explique le chorégraphe. « Pour le danseur, comme pour le spectateur, il n'y a alors pas de démission possible car le mouvement est toujours en tension», précise-t-il. Marcher, voilà une manière implacable de parler de l'exode, le thème central de cette pièce où chaque déplacement oblige les protagonistes à s'expulser hors de soi. Corps et âme. Jusqu'aux os. Un exode qui touche aussi l'espace: « Dans cette pièce, le sol tente toujours de remonter », remarque Pascal Montrouge. Sur scène, articulés par un langage souterrain, les éléments mobiles qui composent le décor de <em>Os</em>, signé Marie Compagnon, s'entrechoquent, se croisent, délimitant sans cesse de nouvelles géographies. Au milieu de ces terres mouvantes, aux frontières imperméables : les danseurs. Ils semblent pris dans les entrelacs sonores du compositeur Andréa Cera qui double les évènements acoustiques comme s'ils se reflétaient dans un miroir. Là, dans cet entre monde, deux hommes, lentement, déclinent leurs identités en moulant les parties creuses de leurs corps avec de la cire. Des zones cachées, secrètes qu'ils révèlent et exposent comme autant d'empreintes de soi. Des traces de leurs identités que les danseurs ont décidé de ne plus négocier. Observer ce qui se répand de plus répugnant, ce qui coule de plus fertile. Tout se passe comme si, contraints par l'extrême fragilité de leur environnement, ils voulaient s’expulser d’eux-mêmes, remettaient en jeu leur système de savoir et tentaient de retrouver un schème commun en mettant à plat leurs différences. Une réorientation qui impose aux danseurs de trouver d'autres modes d'être ensemble. Le chorégraphe pensant une danse à l'intérieur de laquelle la vibration aurait remplacé la circulation, favorise l'échange par frottement et tente de redéfinir lui aussi d'autres modes de transmission. En ce sens, <em>Os</em>, premier volet du dyptique, reprend les arguments du philosophe allemand Peter Sloterdijk. Dans <em>Écumes</em>, son tout dernier ouvrage (description du phénomène de la vie sous la forme d’une odyssée de l’être à travers les différents temps de la civilisation), il approfondit sa théorie de l’espace partagé. Où peut se situer l’individu ? Quels lieux habite-t-il réellement ? Cette enquête philosophique décrypte l’homme partagé entre l’identité et la différence, la liberté et la nécessité. Une enquête chorégraphique pour Pascal Montrouge qui reprend les termes de la philosophie du bonheur et de la liberté en établissant une critique radicale de l’héroïsme - d’où peut-être le titre clin d’œil de sa prochaine pièce, Superman et moi... La marche ? Un destin qui n'a plus rien de tragique : sur le plateau, inerte, les yeux ouverts, une femme, comme une vigie sur une île, donne à la pièce une autre dimension, celle de l'élévation. Un moment que le chorégraphe nomme « décorum » : « Je crois que toute situation dramatique contient des solutions en gestation. Des solutions qui ont besoin de mouvement pour se mettre en œuvre», explique Pascal Montrouge.<br /></p>