Bruno Mantovani (1974)

Turbulences (1997-1998)

pour douze instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 1997 - 1998
    • Durée : 11 mn
    • Éditeur : Lemoine
Effectif détaillé
  • flûte (aussi flûte alto), hautbois (aussi cor anglais), clarinette, basson, cor, percussionniste, harpe, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 2 December 1998
    Lieu :

    Allemagne, Cologne


    Interprètes :

    l'ensemble Neue Musik Köln, direction : Peter Eötvös.

Note de programme

Créée à Cologne le 2 décembre 1998 sous la direction de Peter Eötvös, cette œuvre est, comme son titre l'indique, la première dans laquelle j'ai tenté de remplacer le développement linéaire par la juxtaposition. En effet, alors que je débutais la composition de cette pièce, j'avais à ma disposition deux matériaux musicaux opposés. Le premier (l'actuel début) était contrapuntique, mélodique, alors que le second (devenu la coda) reposait sur la répétition quasi-obsessionnelle d'un accord. J'avais donc deux solutions pour passer d'un état à l'autre: soit je devais transformer progressivement le matériau du début pour conduire la forme vers la fin (c'est-à-dire réaliser une « interpolation » entre les deux idées), soit je décidais de prendre un chemin plus chaotique en mélangeant dans la section centrale des éléments étrangers les uns aux autres, mais aussi étrangers aux deux pôles extrêmes dont je disposais. Ayant choisi d'adopter la seconde attitude, j'ai introduit dans le discours différentes « turbulences » musicales (un récitatif aux bois accompagné par les cordes, une trame aiguë particulièrement instable, une section opposant vents et cordes sur des rythmes issus du jazz...) qui cohabitent, construisant un parcours sans cesse en mouvement et en recherche de contrastes. La fin de la pièce apparaît alors comme un moyen de résoudre les conflits générés par ces « turbulences », laissant la place au piano, devenu instrument concertant, qui introduit alors une linéarité au sens très conclusif.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  6. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  7. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Bruno Mantovani, éditions Lemoine.