Georgia Spiropoulos (1964)

Práxis 4 saxes (2003-2004)

pour quatuor de saxophones

  • Informations générales
    • Date de composition : 2003 - 2004
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: Radio France - Alla Breve pour le quatuor Habanera
    • Dédicace : 1. à Katerina Xirou, 2. à Philippe Leroux, 3. à Bjork, 4. à Demetrio Stratos
Effectif détaillé
  • 4 saxophones

Information sur la création

  • Date : 29 January 2005

    Interprètes :

    quatuor Habanera

Titres des parties

  1. dialog (with a tree)
  2. breath'n beat
  3. 100 phonems
  4. Singing tubes
  5. Lib

  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Note de programme

Práxis 4 saxes est un cycle de pièces brèves pour quatuor de saxophones, commandé par Radio France et écrit pour le quatuor Habanera.
J'ai voulu préserver une certaine autonomie pour chaque pièce, ce qui m'a permis d'explorer des matériaux et des techniques instrumentales propres à chacune d'elles.

Dialog tire ses origines du chant « Neratzoula », un classique de la musique grecque de transmission orale. C'est un chant court sous forme de dialogue dont l'une des interprétations possibles serait un arbre annonçant au promeneur le début de l'hiver.
Le titre de la pièce reflète la forme du chant mais aussi ma propre relation avec une tradition dont les éléments repris ici ont la fonction d'« activateurs de mémoire » plutôt que de porteurs d'un idiome local.
La mélodie, sous une forme extrêmement dilatée dans le temps, constitue le matériau harmonique et mélodique de la pièce; pour ce dernier, j'ai choisi une écriture diffractée aux quatre saxophones, par notes isolées ou par cellules mélodiques parfois ornementées dans le style de la clarinette d'Epire.

Breath 'n Beat est une pièce essentiellement rythmique basée sur la pulsation constante telle qu'on la retrouve dans le rock, le blues ou les musiques du monde.
Le matériau sonore comprend des sons essentiellement courts et percussifs, les sons de saxophones se combinant à des sons vocaux non voisés projetés dans l'instrument.
Cette pièce m'a aidé à surmonter certains seuils de l'écriture dite "contemporaine" par l'usage de la pulsation constante presque tout au long de la pièce et par la simplicité délibérée des motifs rythmiques et de la subdivision métrique.

100 Phonems est caractérisé par l'abolition de tout usage de hauteur et par l'utilisation exclusive des phonèmes bruités, non voisés et amplifiés par les saxophones. Les divers phonèmes s'organisent en trois registres différents perçus comme grave, moyen et aigu et leurs amplitudes variables dans le temps sont une empreinte de l'enveloppe du souffle exprimé par la relation crescendo-inspiration, decrecsendo-expiration.
Un texte chuchoté, en vitesses différentes, est utilisé localement pour ses propriétés acoustiques dues à la succession des phonèmes articulés; le texte peut être de choix libre et son message « textuel » est sans importance.

Lib est une pièce qui malgré son organisation pourrait être considérée comme la base d'une improvisation.
Elle est basée sur un travail de timbre allant du timbre instrumental à l'« hybride acoustique », ce dernier étant la voix chantée dans l'instrument et altérée par celui-ci.
Il s'agit d'une texture de glissandi qui évolue en trémolos serrés puis en trame bruitée par l'ajout des voix, qui redevient glissando dans le registre suraigu.
Le choix des timbres est l'élément qui devrait être respecté par les saxophonistes tandis que l'ambitus, les registres et les durées pourraient varier d'une exécution à l'autre.

Singing Tubes fait appel à la voix transformée par l'instrument, une recherche qui accompagne mon travail depuis longtemps. L'exploration des limites entre voix et instrument pratiqués par une seule personne, m'a emmenée à la découverte d'une technique que j'appelle « bisbigliando vocal hybride » ou « bisbigliando vocal artificiel », utilisée ici pour la première fois : il s'agit d'une variation microtonale de la voix chantée dans le saxophone due aux changements de doigté. Cette technique en pleine évolution, offrant des timbres particulièrement riches et nouveaux, demande une exploration attentive de la relation registre-doigté-phonème voisé-position de la voix à travers l'écriture et l'expérimentation.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Georgia Spiropoulos.