Georgia Spiropoulos (1964)

Oria (2002-2003)

pour ensemble amplifié et reverberé

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2002 - 2003
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: Ministère de la culture français
Effectif détaillé
  • 1 flûte (aussi 1 flûte basse), 1 clarinette basse, 1 violoncelle, 1 contrebasse, 1 piano [semi-préparé] , 1 percussionniste

Information sur la création

  • 6 November 2003, Paris, Ircam, par l'ensemble l'Itinéraire, direction : Marc Foster.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : amplification

Note de programme

Pour le mot grec « Oria », l'on pourrait proposer une multitude de traductions possibles : limites, frontières, passages, seuils, et plus librement, régions de convergences, régions d'attractions, régions d'affrontements ; ou encore, « entre ».

Je garderai cette dernière définition pour désigner les « confins » entre jeu instrumental et action vocale des musiciens avec une double partition : deux parties d'importance égale sont réservées à chaque instrumentiste.

« Entre » ces deux mondes s'ouvre un espace de continuité : la continuité dans la tension, la tension dans l'écriture et dans le corps de l'interprète ; l'écriture articule deux catégories de sons naturels « corporels », instrumentaux et vocaux, tous nés du souffle et tous produits du mouvement, les uns articulés à l'extérieur, les autres à l'intérieur du corps. Un espace-corps sonore en mouvement et à plusieurs circuits, où l'on puisse basculer d'une catégorie sonore à l'autre, pourrait être représenté par le schéma suivant :
souffle –> son instrumental –> son instrumental et vocal simultanés –> son vocal –> souffle.
Entre ces différents états de matières sonores, on peut ainsi créer des passages évolutifs (transitions), passages interrompus ou apparitions brutes selon la nécessité formelle.

Parmi la multitude de sons vocaux, j'ai choisi pour Oria une partie restreinte : phonèmes non voisés (consonnes), sans hauteur et bruités, et phonèmes voisés (consonnes et voyelles) dont la hauteur ou l'ambitus sont précisés.

L'organisation temporelle de Oria est articulée à partir d'une séquence de durées, toujours la même, déterminant la structure interne des huit sections. Dans chaque section, la séquence apparaît étirée ou contractée dans le temps mais les rapports des durées entre elles restent toujours identiques. En tant qu'élément organisateur la séquence apparaît sous diverses formes : blocs temporels, phrases rythmiques, textures (séquences superposées à des vitesses différentes) ou indices de changement (moment de redisposition, de renouvellement ou de transformation du matériau).

Georgia Spiropoulos.