Marco-Antonio Perez-Ramirez (1964)

Du corps… (2002)

pour orchestre

  • Informations générales
    • Date de composition : 2002
    • Durée : 14 mn
    • Éditeur : Jobert
    • Commande: Orchestre national de Montpellier et Radio France
    • Dédicace : René Koering
Effectif détaillé
  • 3 flûte, 3 hautbois, 3 clarinette, 3 basson, 2 cor, 4 trompette, 3 trombone, 3 tuba, 2 percussionniste, timbales, cordes

Information sur la création

  • 13 February 2003, Radio France, Festival Présences 2003, par l'Orchestre national de Montpellier, direction : Friedmann Layer.

Note de programme

Le titre de cette nouvelle pièce s’est imposé tout naturellement au moment où je lisais cette phrase d’Antonin Artaud « Du corps, par le corps, depuis le corps, avec le corps et jusqu’au corps ».

J’avais déjà commencé à écrire cette pièce pour orchestre, je cherchais des aspérités, des volumes antagonistes, des sons âpres, rauques, une forme sans concession, des accélérations et ralentissements du matériau, je voulais dévier, dériver, m’enfoncer, repartir, déraper, foncer, revenir… J’éprouvais des sensations tactiles très fortes au moment de l’écriture, des sensations de contact direct, immédiat, physique. J’essayais de laisser une trace dans l’espace. Un peu comme dans les tableaux d’Antoni Tapiès avec ces graffitis ou éraflures, « …comme si une mémoire avait pu reprendre corps à partir de ces surfaces graveleuses… » (Jorge Semprun).

Aujourd’hui plus j’avance dans mon travail et plus cette idée du corps, devient présente dans ma musique. Écrire de la musique est devenu une expérience du corps tout entier. Un corps qui est pensée, connaissance et sensations. Tout ce que j’écris passe par mon corps. Je mime, chantonne, ronronne ma musique. Je me lève, me rassois, tourne autour de ma table pour calmer ma main et ma tête qui parfois vont trop vite.

Par ce contact direct, physique, j’essaye que ma musique garde en mémoire le geste qui la fait naître.
Au-delà de cette « physicalité », les réflexions sur le corps m’ont permis de faire le lien avec ces idées chères à Bergson sur le Temps, la durée réelle, sur l’Instinct et l’Intuition.
Toutes ces notions se croisent dans mon esprit, se mélangent dans ma musique, et plus particulièrement dans cette nouvelle pièce.

Du Corps… est dédiée à René Koering, car c’est après avoir entendu le final, extrêmement étrange, de son Troisième quatuor à cordes que j’ai eu envie d’écrire les premières mesures de cette pièce.

Marco-Antonio Perez-Ramirez.