Jérôme Combier (1971)

Kogarashi, le premier soupir des fantômes (2002)

pour guitare et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2002
    • Durée : 08 mn
    • Éditeur : Lemoine
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Guitare]
Effectif détaillé
  • guitare

Information sur la création

  • 17 October 2002, Paris, Ircam, par Christelle Séry.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam, Cursus de composition et informatique musicale
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Jean Lochard (encadrement pédagogique)
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

« Le vent d’hiver dit Kogarashi (celui qui sèche les arbres) est la bise dont le souffle emporte les dernières feuilles. Exemple parfait d’une violence extrême, il n’a pourtant ni forme ni couleur, n’étant visible que par ce qu’il produit » 1.

Les fantômes sont ceux du Roi Lear (acte III) qui résonnent dans son esprit, fantômes inexpugnables errant sur la lande où Lear se perd absolument. Force surnaturelle, cette mythologie – croit-il – le soumet. D’eux ne parviennent que les soupirs portés par le vent. Un vent qui charrie le souffle de voix inconnues, ou bien s’agit-il de sa propre voix (« soufflée, ma voix revient vers moi » dit le poète Japonais 2). Un vent qui est l’espace devenu audible, mais un espace où le sol se dérobe, où tout se confond, bruits et sons, où ciel devient terre et terre devient ciel.
Lear y meurt et y naît à la fois.

« Le premier soupir des fantômes, c’est le dernier soupir des vivants » 3.

  1. René Sieffert, Le Faucon impatient, Presses Orientalistes de France, Paris, 1994.
  2. Meisetsu (1847-1926) dans L’Hôte, l’invité et le chrysanthème blanc, Haikus d’automne, éditions Moudarren, Millemont (France), 1990.
  3. Jacques Dars, Aux portes de l’enfer, éditions Philippe Piquier, Arles, 1984.

Jérôme Combier.