Bernd Alois Zimmermann (1918-1970)

Sonate für Viola solo (1955)

…an den Gesang eines Engels
[Sonate pour alto seul, "...au chant d'un Ange"]

  • Informations générales
    • Date de composition : 1955
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Schott, nº VAB 37
    • Commande: SWR pour les Donaueschinger Musiktage 1955
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Alto]
Effectif détaillé
  • alto

Information sur la création

  • Date : 15 October 1955
    Lieu :

    Allemagne, Donaueschingen, Festival


    Interprètes :

    Albert Dietrich.

Note de programme

Écrite quatre ans seulement après la Sonate pour violon seul, cette Sonate pour alto s'inscrit dans un moment crucial du parcours créateur de Zimmermann : le compositeur réduit la forme à un seul mouvement, crée une nouvelle virtuosité – moins « extérieure » – et se tourne résolument vers l'esprit sériel. Zimmermann considérait la Sonate pour alto comme l'une de ses œuvres de musique de chambre les « plus complexes techniquement », il précisait aussi qu'il ne fallait pas interpréter son titre en regard de la forme sonate classique.

L'œuvre est d'ailleurs présentée dans la préface de la partition comme une sorte de prélude de choral, car, de même que dans le Concerto pour trompette et orchestre Nobody knows the trouble I see (1954), le propos est ici à la fusion : la technique sérielle intègre un thème de choral (Loué sois-tu, Jésus-Christ) avec en outre un procédé d'imitation hérité de Pachelbel. L'œuvre s'oriente complètement dans son déroulement vers ce choral qui est cité peu avant la fin et auquel il est fait discrètement allusion auparavant. La substance musicale se conjugue aussi à une volonté d'expression, à « tout ce que véhicule le cœur de l'homme ». Zimmermann a composé cette Sonate pour sa fille Barbara, morte peu après sa naissance en cette année 1955, et inscrit en tête de la partition une dédicace qui rappelle fortement celle du Concerto pour violon « À la mémoire d'un ange » de Berg. Ces indices, associés au fait que le compositeur accordait une grande importance à l'interprétation (méditative) du texte du choral (qu'il a reproduit dans la partition), confirment bien l'idée de Wulf Konold selon laquelle nous avons affaire dans cette œuvre à de la « musique spirituelle instrumentale ».


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Pierre Michel, programme « Allemagne 1946 », février 1996, Cité de la Musique, Ensemble Intercontemporain.