Bernd Alois Zimmermann (1918-1970)

Metamorphosen (1954)

musique pour le film de Michael Wolgensinger, pour orchestre de chambre
[Métamorphoses]

  • Informations générales
    • Date de composition : 1954
    • Durée : 25 minutes
    • Éditeur : Schott
    • Commande: Radio de Hambourg (NDR)
    • Dédicace : à Michael Wolgensinger

Information sur la création

  • 13 March 1954, Allemagne, Hambourg, par l'Orchestre symphonique des Nord-Deutscher Rundfunk, direction : Winfried Zillig.

Titres des parties

  • Introduktion (Vision) ;
  • Invention (Reflexe);
  • Romanza (Kontakt) ;
  • Kanon (Largo) ;
  • Habanera (Paso) ;
  • Gigue (Burleske).

Note de programme

Les activités de Bernd Alois Zimmermann ont souvent dépassé le cadre de la musique dite « savante » : depuis la fin des années 40 et jusqu'à sa nomination en 1957 à la Musikhochschule de Cologne, il avait régulièrement écrit de la musique « légère », des arrangements, ou effectué divers travaux pour la radio. Rien d'étonnant, donc, dans le caractère parfois très direct de Metamorphose. Zimmermann connaissait le réalisateur (et photographe) suisse Wolgensinger depuis 1952 et fut stimulé par cette collaboration à un film plutôt expérimental (des images de scènes et de paysages espagnols sont juxtaposées sans autre forme de commentaire).

Metamorphose évolue stylistiquement « entre les genres sérieux et léger », comme l'indique Klaus Ebbeke dans sa préface de la partition. Cette particularité n'est pas uniquement liée au contexte précis de la musique de film ; elle appartient à ce stade du début des années 50, où diverses cultures populaires se croisent déjà dans l'univers de Zimmermann, en l'occurrence les danses et le jazz. L'instrumentation de cette œuvre pour grand orchestre de chambre, avec notamment son saxophone, sa guitare électrique, ses percussions, suggère d'elle-même une certaine ouverture stylistique qui se manifeste d'ailleurs dès la première partie, dominée par l'esprit du jazz, où apparaît un motif d'orgue (sur les notes si et ré) textuellement repris dans le concerto pour trompette et orchestre (de 1954 également). La danse imprègne aussi cette partition : de façon typée, dans la cinquième partie nommée Habanera par exemple, ou plus générale (l'indication Quasi alla danza revient plusieurs fois).

Pierre Michel, programme « Allemagne 1946 », février 1996, Cité de la Musique, Ensemble intercontemporain.