Joji Yuasa (1929)

Nine Levels by Ze-Ami (1988)

pour ensemble et bande

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1988
    • Durée : 32 mn
    • Éditeur : Schott, Japon
    • Commande: Ircam-Centre Pompidou
Effectif détaillé
  • 2 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 clarinette basse, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone, 2 percussionniste, 2 piano, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 11 April 1988, Paris, Centre Georges-Pompidou, par l'Ensemble intercontemporain, direction : Kent Nagano, lecture du texte en anglais sur la bande magnétique : lan Marshall, lecture du texte en japonais sur la bande magnétique : Joji Yuasa.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Marc Battier
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Note de programme

Nine Levels by Ze-Arni, commande de l'Ircam composé pour bande quadriphonique générée par ordinateur et un ensemble de dix-sept instrumentistes, est la quatrième œuvre de Joji Yuasa composée avec l'ordinateur.

L'œuvre est fondée sur le traité du No écrit par Ze-Ami vers la fin de sa vie et intitulé Nine Levels (Kyui shidai).

Elle consiste en neuf degrés différents qui vont du plus fruste et terne au plus élevé — la « fleur suprême » —, dans une progression associée au processus d'illumination qu'on appelle satori dans la philosophie zen.

L'ordre des mouvements ne suit cependant pas le texte original, où les degrés sont classés du plus élevé au plus bas.

Dans cette composition, l'ordre des degrés a été déterminé en fonction non seulement de la structure musicale globale, mais aussi des idées exposées par Ze-Ami. Dans ses notes sur les neuf degrés, il dit en effet clairement que celui qui commence à apprendre l'art du No doit partir de la « beauté première » — un style qui est classé en bas des trois degrés centraux. De là, une fois qu'il a atteint le degré le plus haut, il doit ensuite descendre aux degrés inférieurs, qui peuvent alors être interprétés de manière significative. Ze-Ami cite souvent des expressions et des phrases empruntées aux écrits de Confucius, de Lao-tsé ou à la pensée zen, si bien que son texte est extraordinairement métaphorique et métaphysique.

Partant de ce texte, je me suis efforcé de rendre sous une forme moderne l'essence même du No, tout en tenant compte de ma propre identité culturelle. Celle-ci est étroitement liée pour moi à une conception archéologique de la genèse de la musique en tant que mode d'expression fondamental et universel.

Les sons de la partie sur bande sont entièrement constitués de diverses espèces de transformations de la voix qui lit le texte, aussi bien en Anglais qu'en Japonais au moyen de l'ordinateur, de différentes strates de bruits blancs filtrés, incurvés et stratifiés et de la synthèse croisée des deux.

Le mouvement spatial et la répartition du son sont soigneusement rendus par le dispositif quadriphonique. Cette partie de l'œuvre a été réalisée l'année dernière au moyen des programmes Vax 11/780 et Chant, au terme de quatre mois de travaux et de recherches à l'Ircam. Peut-être n'est-il pas souhaitable de parler ici de la partie instrumentale indépendamment de la musique générée par ordinateur. J'aimerais néanmoins souligner que je me suis davantage intéressé au timbre et à la dimension gestuelle de l'ensemble instrumental qu'à l'aspect structurel dans cette œuvre, en tentant ainsi d'étendre ma propre tradition.

Cette pièce n'aurait pu être menée à bien sans la collaboration enthousiaste et patiente de Marc Battier, pour la programmation et le maniement de l'ordinateur, et d'Alain Jacquinot pour le mixage final des sons générés.

Je voudrais les remercier ici chaleureusement l'un et l'autre, ainsi que lan Marshall, le professeur Yasunari Takahashi et toute l'équipe de l'Ircam.

Joji Yuasa, programme de la création.

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