Iannis Xenakis (1922-2001)

Psappha (1975)

pour percussion solo

  • Informations générales
    • Date de composition : 1975
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Salabert, Paris
    • Commande: Fondation Gulbenkian pour The English Bach Festival
    • Dédicace : à Sylvio Gualda
Effectif détaillé
  • percussionniste

Information sur la création

  • 2 May 1976, Royaume-Uni, Londres, Round House, par Sylvio Gualda.

Observations

Une version pour percussion et électronique a été réalisée en 1997 à l'Ircam avec l'accord de Iannis Xenakis, par Frédéric Voisin (réalisateur informatique musicale), créée le 11 janvier 1997 à Paris, Cité de la Musique, par Daniel Ciampolini, percussion.

Note de programme

Pièce pour percussion solo, au large effectif instrumental (cinq groupes). Mais ce n'est pas à la couleur sonore que s'intéresse Xenakis, qui ne spécifie d'ailleurs pas précisément les instruments, mais donne seulement des indications de matière et de registre. Ce n'est pas non plus à proprement parler sur le travail purement rythmique que se fonde la composition. Pas de valeurs complexes chères aux sériels ou de subtiles superpositions de rythmes. Le discours s'organise sur une pulsion régulière, même si elle varie au cours de la pièce, toutes les parties s'y référant nettement.

Ce à quoi le compositeur s'attache, en revanche, c'est à un travail de variation de densité des différents groupes, sur le plan tant vertical qu'horizontal, exigeant de l'exécutant une grande virutosité, le charme de la musique semblant paradoxalement émaner de l'ascétisme sonore et rythmique, qui lui confère un aspect quasi incantatoire.

Ce sont les bois et les peaux qui ouvrent la pièce. Une première section se développe à partir d'un dialogue entre le groupe médium, d'abord dominant, et le groupe aigu au rythme plus vif, qui prend progressivement le dessus, mais se trouve brutalement interrompu par le groupe grave, très agressif. Les trois groupes semblent alors s'équilibrer, aboutissant à une section basée sur un seul instrument de chaque groupe, trouant violemment le silence devenu prépondérant. Le mouvement reprend alors, intégrant les métaux, tandis que le discours utilise de plus en plus fréquemment les répétitions et se resserre progressivement en roulements prolongés. C'est alors qu'en émerge l'instrument le plus grave, en un battement régulier et soutenu, aux accents violents et irréguliers, qui conclut en force la pièce, soutenu pas les métaux aigus qui ne font leur apparition qu'à ce moment.