Iannis Xenakis (1922-2001)

Morsima-Amorsima (1956-1962)

ST/4, 2-030762

  • Informations générales
    • Date de composition : 1956 - 1962
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Boosey & Hawkes
    • Dédicace : à Manos Hadziakis
Effectif détaillé
  • piano, violon, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 16 December 1962
    Lieu :

    Grèce, Athènes


    Interprètes :

    Lucas Foss : direction.

Note de programme

L'œuvre a été créée en 1962 à Athènes, sous la direction de Lukas Foss, et a obtenu le premier prix du Concours Manos Hadziakis.

Signification du titre : « Moros » : le destin, la mort ; « Morsima » : ce qui vient par le destin ; « Amorsima » (le « a » étant privatif) : ce qui ne vient pas par le destin.

Elle résulte de l'exploitation du même programme ST/10 mais pour une composition d'instruments différente. L'oeuvre a été calculée par le cerveau électronique 7090 IBM à Paris suivant un programme stochastique (probabiliste) spécial imaginé par le compositeur. Ce programme est un dérivé de la thèse du « Minimum de règles de composition » qui avait déjà été formulée dans Achorripsis pour 21 instruments, mais ce n'est que quatre ans plus tard qu'elle a pu être « mécanisée » chez IBM France.

Le programme est un complexe de lois stochastiques (= du calcul des probabilités) que l'auteur a introduites en composition musicale depuis de nombreuses années. Il commande au cerveau électronique de définir tous les sons d'une séquence calculée préalablement, l'un après l'autre. D'abord sa date d'occurrence, ensuite sa classe de timbre (arco, pizzicato, glissando, etc.), son instrument, sa hauteur, la pente de glissando s'il y a lieu, la durée et la forme dynamique de l'émission du son.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Iannis Xenakis, 1962.