Iannis Xenakis (1922-2001)

Embellie (1981)

pour alto solo

  • Informations générales
    • Date de composition : 1981
    • Durée : 08 mn
    • Éditeur : Salabert, Paris, nº 17528
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Alto]
Effectif détaillé
  • alto

Information sur la création


  • Lieu :

    France, Paris


    Interprètes :

    Geneviève Renon-McLaughlin.

Note de programme

Embellie occupe une place un peu à part dans le catalogue de Xenakis : c’est la seule œuvre dans laquelle ce compositeur s’attache à l’alto solo. Composée en 1981, c’est aussi la dernière oeuvre soliste de Xenakis, et elle se distingue des autres par une atmosphère plus détendue. Si l’on y entend passagèrement l’âpreté du discours et des timbres à laquelle Xenakis nous a habitués, et si l’œuvre, indubitablement virtuose, témoigne de la puissance de sa vision, il ne faut pas s’attendre ici à la fureur démente et éruptive de Nomos Alpha ou de Kottos pour violoncelle seul, par exemple.

Nulle explosion du jeu instrumental, donc, mais plutôt une retenue, qui se traduit par des harmonies aux couleurs archaïques – par certains aspects, Embellie évoque les souvenirs d’une musique folklorique, à la manière des œuvres pour violon de Bartók –, une approche toute en douceur de la microtonalité, un traitement polyphonique de l’instrument – et l’on pense ici immanquablement au modèle de Bach – et une forme apparemment plus libre – ce qui lui sera d’ailleurs parfois reproché, même parmi ses fidèles interprètes, comme un « manque de cohérence ».

La pièce est effectivement très variée dans le ton, allant de la pénombre du bas de l’ambitus, aux exclamations abruptes, en passant par l’éthéré de l’aigu, sans oublier les nombreux glissendi qu’affectionne tant Xenakis, et les doubles cordes aux intervalles étrangement ouverts. L’altiste Garth Knox, qui a travaillé l’œuvre avec Xenakis, insiste sur la volonté du compositeur de n’y entendre « jamais, au grand jamais, de vibrato » et écrit : « le but est d’être le plus droit, le plus pur et le plus solide possible, comme du marbre sculpté – et pas de quartier ! »


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Jérémie Szpirglas.