Iannis Xenakis (1922-2001)

Dikhthas (1979)

pour violon et piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 1979
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Salabert
    • Commande: Ville de Bonn, Festival Beethoven 1980
    • Dédicace : à Hans-Jürgen Nagel
Effectif détaillé
  • violon, piano

Information sur la création

  • Date : 4 June 1980
    Lieu :

    Allemagne, Bonn, festival Beethoven


    Interprètes :

    Salvatore Accardo : violon et Bruno Canino : piano.

Note de programme

Cette œuvre est comme un personnage à deux natures, elle est « duale » (dikhtas), car les natures se contredisent, quoique parfois elles se fondent en rythme et harmonie. Cette confrontation est réalisée dans un flux dynamique variable qui exploite des traits spécifiques aux deux instruments. (Iannis Xenakis.)

Cette pièce se présente en quatre sections enchaînées mais nettement différenciées. La première partie évolue dans une atmosphère très virtuose, exprimée par des lignes mouvantes. La deuxième, plus calme, s'ouvre autour de la note pivot . On y retrouve un effet utilisé dans Nomos Alpha pour violoncelle : un battement provenant de deux hauteurs très proches. L'atmosphère évolue ensuite dans une très grande complexité due à la polyrythmie. La troisième partie exploite les glissandi du violon accompagnés par un piano intervenant de façon sporadique. La dernière section s'ouvre par une cadence de piano très virtuose, puis le duo reprend dans une sorte de mouvement perpétuel.

Cette œuvre évolue dans un discours fondé le plus souvent sur des lignes conjointes, se déroulant à différentes vitesses, dans une polyrythmie très complexe allant jusqu'à quatre couches superposées.

Dikhtas, pour violon et piano, a été commandé par la Ville de Bonn, sur invitation de Hans-Jürgen Nagel, conseiller culturel de la Ville de Bonn, pour le trentième Festival Beethoven en 1980.


  1. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  2. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  3. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  4. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  5. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  6. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  7. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.