Anton Webern (1883-1945)

Quintette pour cordes et piano (1907)

en sol mineur
[Quintette pour cordes et piano]

  • Informations générales
    • Date de composition : 1907
    • Durée : 13 minutes
    • Éditeur : Boelke-Bomart, 1953 ; édition révisée, établie par Jacques-Louis Monod, 1974
    • Opus : [M. 118]
Effectif détaillé
  • 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 piano

Information sur la création

  • 7 November 1907, Vienne, lors d'un concert d'œuvres d'élèves de Schoenberg, par Oskar Adler, George Heim : violons, Heinrich Jalowetz : alto, Heinrich Geiger : violoncelle et Etta Jonasz : piano.

Note de programme

C'est en automne 1904, que l'on peut situer le début des études de Webern avec Schoenberg, événement capital pour l'évolution du compositeur. Dans un écrit de 1912, Webern nous renseigne sur l'enseignement Schoenbergien, enseignement aussi philosophique et spirituel qu'artistique et qui l'a tout de suite fasciné, malgré quelques heurts dus au caractère parfois tyrannique du professeur. Jusqu'en 1908, date de la Passacaille (opus 1 du catalogue dressé par Webern lui-même) les études avec Schoenberg se poursuivent. Lors d'une conférence, en 1933, Webern évoque cette époque : « En 1906, Schoenberg était revenu de la campagne avec sa symphonie de chambre : cela fit une impression colossale. J'étais son élève depuis trois ans et je pensais aussitôt que je devais, moi aussi, écrire comme cela... »

Le Quintette pour cordes et piano (sans numéro d'opus) fut composé pendant cette période. Webern ne le publia point, mais il fut joué de son vivant, une seule fois en public. Cette œuvre fut donc composée en 1907 sur la suggestion de Schoenberg, alors que Webern était encore son élève. Conçue en un mouvement unique, comme la Symphonie de chambre de Schoenberg, elle exploite la forme sonate traditionnelle. Le style général, d'une intensité mélodique affirmée, reste fortement attaché à la tradition post-romantique. La tonalité d'Ut Majeur clairement énoncée, sera constamment ébranlée par des tonalités étrangères, ouvrant ainsi la voie à un univers non centré exclusivement sur des relations tonales. L'écriture extrêmement rigoureuse, par l'emploi d'intervalles caractéristiques (signature du Webern de la maturité) reste encore très influencée par la complexité des dernières œuvres de Brahms. On peut voir ici la trace de l'enseignement de Schoenberg qui n'a cessé de se réclamer du compositeur allemand en qui il voyait un précurseur de ses propres recherches.

Le fac-similé de cette partition a été publié en 1946 par l'éditeur américain Boelke-Bomart avec l'autorisation des héritiers. L'édition définitive est due à Jacques-Louis Monod.

Cécile Gilly