Klas Torstensson (1951)

Urban Songs (1991-1992)

pour soprano, ensemble et électronique
[Chants urbains]

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1991 - 1992
    • Durée : 30 mn
    • Éditeur : Donemus, Amsterdam
    • Commande: Ircam
    • Dédicace : à Charlotte Riedijk et à l'Ensemble Intercontemporain
    • Livret (détail, auteur) :

      chant traditionel libanais : Abu Zeluf

Effectif détaillé
  • soliste : 1 soprano solo (aussi 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur)
  • 2 flûtes piccolos (aussi 1 flûte), 1 hautbois, 1 cor anglais, 1 clarinette basse, 1 clarinette contrebasse, 1 basson (aussi 1 contrebasson), 1 saxophone ténor (aussi 1 saxophone soprano), 1 saxophone baryton, 1 cor, 2 trompettes, 1 trombone, 1 tuba, 2 percussionnistes, 1 basse, 1 piano, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • Date : 25 February 1993
    Lieu :

    Paris, Centre Georges Pompidou


    Interprètes :

    Charlotte Riedijk : soprano, Ensemble intercontemporain, direction : David Robertson.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : réalisée à l'Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Michael Pelz-Sherman
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

Ces « chants urbains » se présentent comme un diptyque résultant de la réécriture des deux volets qui formaient Urban Solo, composé en 1991 et destiné, de même qu'Urban Songs, à la soprano Charlotte Riedijk.

Le premier chant d'Urban Solo — inspiré d'une monodie populaire et traditionnelle du Liban : Abu Zeluf — avait, malgré le titre, un caractère plutôt « rural », et le compositeur s'y livrait à un travail minutieux sur l'ornementation, la coloration vocalique et le rythme déclamatoire — ponctué par l'impact du pied sur le sol. Le « texte » de ce chant était issu des phonèmes du texte libanais originel, en ignorant volontairement leur teneur sémantique. Celui du second chant empruntait quant à lui des fragments au manuel d'utilisation de l'environnement informatique max rédigé par Miller Puckette ! Ces fragments, détachés de leur contexte d'origine, y devenaient les véhicules d'une expressivité parfois violente, scandés selon le débit heurté caractéristique du rap.

Certains de ces antécédents textuels et mélodiques sont repris et élargis aux dimensions d'une pensée orchestrale dans Urban Songs. Mais, ici, la soprano déclenche également, au moyen d'un clavier électronique, des actions élaborées à partir de matériaux vocaux issus d'Urban Solo, de sons percussifs, et d'échantillons d'enregistrements de rap. Le rap composant lui-même ses sonorités à partir d'« objets trouvés », il s'agit donc en quelque sorte, comme le note le compositeur non sans humour, d'une forme de « recyclage musical ». Ces actions sont organisées en séquences immuables, ou, au contraire, en segments dotés d'un certain degré d'indétermination par l'ordinateur, qui définit leur évolution dans l'espace et dans les registres, leur profil dynamique ainsi que leur densité selon diverses formes de probabilité.

La soprano s'adjoint un double synthétique, avec lequel elle crée un véritable dialogue. Sur ce double, le compositeur procède à un délicat travail d'ornementation, tout en faisant subir des distorsions à cet artefact vocal qui tend parfois à devenir « trop élégant ». Il s'agit en effet de rendre perceptible le travail technologique sans tenter d'en masquer la matérialité audible. Et cette volonté s'accorde à une certaine violence « urbaine », également sensible dans le montage volontiers abrupt d'éléments contrastés.