Jukka Tiensuu (1948)

P = Pinocchio ? (1982)

pour soprano, ensemble, bande et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1982
    • Durée : 22 mn
    • Éditeur : Inédit
    • Commande: Centre Georges-Pompidou pour l'Ircam
Effectif détaillé
  • 1 flûte, 1 clarinette basse, 1 piano, 1 violon, 1 violoncelle

Information sur la création

  • 3 December 1982, Espace de projection de l'Ircam, par Sigun von Osten (soprano), Ensemble Intercontemporain: direction: Denis Cohen

Information sur l'électronique
Information sur le studio : réalisée à l'Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Yves Potard, Jean-Baptiste Barrière, György Kurtág Jr.
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié, sons fixés sur support

Note de programme

P = Pinocchio ? est une composition pour six interprètes, bandes générées par ordinateur et système informatique pour les processus compositionnels en temps réel.

Pour cette œuvre, le compositeur a créé son propre double, un programme informatique qui tente de parvenir aux mêmes décisions premières sur l'organisation structurale des éléments compositionnels que celles auxquelles serait parvenu le compositeur lui-même. Toutefois, ce double mécanique ignore tout des trous de mémoire, de l'illogisme, du manque de confiance en soi, de la sympathie pour les musiciens et de l'imagination créatrice. Dès lors que le « double » est réalisé, et que les valeurs de base lui ont été communiquées, le compositeur n'intervient plus dans le processus compositionnel lui-même. Le « double » prend en charge toute la composition, imprime la partition finale et les parties séparées, crée les bandes de synthèse sonore et compose même, durant l'exécution, certaines parties de l'œuvre.

Cette « composition en temps réel » est basée sur une sorte d'instantané microphonique d'un certain moment musical, « pris » par l'ordinateur (et qui naturellement, diffère quelque peu à chaque exécution).

A partir de la structure interne de l'« instantané », le « double » crée une section musicale appropriée, puis la joue. Cette sorte d'interaction entre l'homme et la machine se répète de différentes manières durant l'œuvre. Cependant, les musiciens n'exercent pas vraiment d'influence sur le résultat de cette composition en temps réel, car le « double », lorsqu'il analyse l'instantané, prend surtout en considération ces caractéristiques minuscules du son que l'interprète ne maîtrise pratiquement pas et cherche à développer une interaction plus intime entre le niveau microscopique du son et la forme globale de la pièce.