Igor Stravinsky (1882-1971)

Histoire du soldat (1918)

lue, jouée et dansée en deux parties


œuvre scénique

  • Informations générales
    • Date de composition : 06 apr 1918 - 23 sep 1918
    • Durée : 35 minutes
    • Éditeur : Chester Music, London, nº CH55726
    • Dédicace : à Werner Reinhart
    • Livret (détail, auteur) :

      Charles Ferdinand Ramuz

Effectif détaillé
  • solistes : 3 acteur, 1 danseuse
  • 1 clarinette, 1 basson, 1 cornet à pistons, 1 trombone, 1 percussionniste, 1 violon, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 28 September 1918, Suisse, Théâtre de Lausanne, par Ernest Ansermet : direction.

Titres des parties

  • Marche du Soldat
  • Musique de la première scène
  • Musique de la deuxième scène
  • Musique de la troisième scène
  • Marche du Soldat
  • Marche Royale
  • Petit concert
  • Trois danses: Tango, Valse, Ragtime
  • Danse du Diable
  • Petit choral
  • Couplet du Diable
  • Grand choral
  • Marche triomphale du Diable

Note de programme

Stravinsky avait fait la connaissance de Ramuz à l'automne 1915, par l'entremise d'Ansermet. L'écrivain vaudois avait travaillé avec lui à l'adaptation française des textes de Noces, de Pribaoutki, des Berceuses du Chat et de Renard. A la fin de 1917, alors qu'il était dans une situation matérielle et morale pénible, le musicien conçut avec Ramuz le projet d'une œuvre pour « une espèce de petit théâtre ambulant » avec des moyens modestes dont les éléments narratifs seraient tirés d'un des contes populaires russes publiés par Afanasiev, « Le déserteur et le diable ». Ramuz travailla constamment au texte de février à août 1918, tandis que la partition de Stravinsky est datée de Morges du 6 avril au 23 septembre. La vie théâtrale étant alors presque nulle, la réalisation du projet ne put voir le jour que grâce à la générosité de Werner Reinhart. Les décors furent confiés à René Auberjonois, la mise en scène à Georges et Ludmila Pitoëff, la direction des sept musiciens assurée par Ansermet. C'est ainsi que cette œuvre, prévue pour un spectacle forain, vit le jour le 28 septembre 1918 au théâtre plutôt bourgeois de Lausanne.

Deux ans plus tard, Ramuz publia seul un texte largement révisé, tandis que Stravinsky discutait avec Diaghilev une représentation de l'œuvre dans le cadre des Ballets Russes. Des répétitions eurent lieu à Londres, mais Ansermet avait des difficultés à trouver des interprètes, tandis que ni Picasso ni Rouché n'en voulaient et que le chorégraphe Massine était surchargé. Le Soldat fut exécuté sous forme de Suite à Londres le 20 juillet 1920 et à Genève en 1923 avec de notables modifications dans la partition (notamment l'amplification de la dernière danse du Diable). C'est l'année 1924 qui fut décisive pour la diffusion de l'œuvre ; la partition fut publiée chez Chester et des représentations eurent lieu à Berlin, Zurich et Paris. Ce n'est cependant que beaucoup plus tard que l'Histoire du Soldat devait parvenir à toucher des publics neufs auxquels pensaient ses créateurs.

L'histoire est inspirée du « cycle de légendes ayant trait aux aventures du soldat déserteur et du Diable qui, par ses artifices, arrive infailliblement à lui ravir son âme ».

Stravinsky expliquait ainsi le choix des instruments qui ont chacun un rôle de soliste : « Je ne voyais donc pas d'autre solution que de m'arrêter à un groupe d'instruments, à un ensemble où puissent figurer les types les plus représentatifs, l'aigu et le grave, des différentes familles instrumentales. Pour les archets : le violon et la contrebasse (son registre étant le plus étendu), le basson ; pour les cuivres : la trompette et le trombone ; enfin la percussion manipulée par un seul musicien, le tout, bien entendu, sous la direction d'un chef. Autre chose encore me rendait cette idée particulièrement attrayante, c'est l'intérêt que présente pour le spectateur la visibilité de ces instrumentistes ayant chacun à jouer un rôle concertant. Car j'ai toujours eu horreur d'écouter la musique les yeux fermés, sans une part active de l'œil... »

Quant à la mise en scène, il la concevait ainsi : « .. placer mon petit orchestre pour l'Histoire du Soldat bien en évidence d'un côté de la scène, tandis que de l'autre côté se trouvait une petite estrade pour le lecteur. Cet agencement précisait la jonction des trois éléments essentiels de la pièce qui, en étroite liaison, devaient former un tout : au milieu, la scène et les acteurs flanqués de la musique, d'un côté, et du récitant, de l'autre. Dans notre pensée, ces trois éléments tantôt se passaient la parole alternativement, tantôt se combinaient en un ensemble. »

Programme du Festival d'Automne à Paris, 1980