Karlheinz Stockhausen (1928-2007)

Zyklus (1959)

pour percussion
[Cycle]

  • Informations générales
    • Date de composition : 1959
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 13186
    • Opus : 9
Effectif détaillé
  • percussionniste

Information sur la création

  • Date : 25 August 1959
    Lieu :

    Allemagne, Darmstadt, festival


    Interprètes :

    Christoph Caskel.

Note de programme

Zyklus, composé en 1959, se place au début de ce que l’on pourrait appeler « la seconde période créatrice du compositeur ». En effet, les premières œuvres de Stockhausen, caractérisées par un souci de rigueur d’écriture ainsi que par un déterminisme quasi absolu, feront place à d’autres dans lesquelles le langage évoluera considérablement vers des structures plus souples, voire aléatoires.

Composé juste après la série des onze Klavierstück, des Gruppen pour trois orchestres, ainsi que du Gesang der Jünglinge (premier véritable chef-d’œuvre de la musique électroacoustique), Zyklus apporte un changement radical dans des méthodes de composition que Stockhausen poursuivra plus avant dans RefrainPlus-MinusMikrophonie IStop, etc.

Karlheinz Stockhausen utilisant la forme ouverte, expérimentée dans le Klavierstück XI (Pierre Boulez l’avait également utilisée dans la Troisième Sonate quelques années auparavant), Zyklus n’a pas, à proprement parler, de début ni de fin déterminés.

L’interprète se trouve confronté à une partition reliée en spirale, ce qui lui permet de commencer à n’importe quelle page.

Les notations rythmiques et dynamiques ignorent le système traditionnel au profit d’un graphique proportionnel. De même qu’il est possible d’omettre certaines séquences lors d’une exécution, l’ordre de certains événements est laissé au libre choix de l’exécutant. Enfin, Stockhausen renoue – graphiquement du moins – avec une ancienne tradition utilisée par Bach et Mozart : la partition peut être retournée et lue dans l’autre sens.

Une telle mobilité dans la conception et dans la réalisation peut étonner de la part d’un compositeur célèbre pour sa rigueur d’écriture. Mais, ainsi que Berio et Boulez l’ont pensé à la même période, Stockhausen a compris que de telles méthodes pouvaient enrichir l’esthétique musicale en engageant plus profondément l’interprète.

Les percussions situées autour du soliste mêlent les instruments à hauteurs fixes (marimba, vibraphone) aux cloches à vaches, cymbales, gong, tam-tams, tambours, etc. Le soliste doit jouer simultanément des instruments, tout en recherchant une cohérence sonore entre les différents matériaux.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  7. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Cécile Gilly, source : Ensemble intercontemporain.