Karlheinz Stockhausen (1928-2007)

Zeitmasse (1955-1956)

pour cinq vents
[Mesures du temps]

  • Informations générales
    • Date de composition : 1955 - 1956
    • Durée : 15 mn
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 12697
    • Opus : 5
Effectif détaillé
  • flûte, hautbois, cor anglais, clarinette en la, basson

Information sur la création

  • Date : 15 December 1956
    Lieu :

    France, Paris, concerts du Domaine musical


    Interprètes :

    les solistes du Domaine musical, direction : Pierre Boulez.

Note de programme

Dans cette œuvre, Stockhausen abandonne le sérialisme total du début des années cinquante pour une approche non moins systématique. Avec Zeitmasse (littéralement : mesures du temps), Stockhausen réussit en effet à rendre indépendants les tempi de certains groupes d'exécutants vis-à-vis du chef qui les dirige. Cinq sortes de tempi sont utilisés, chacun pouvant être qualifié comme suit :

  • métronomiquement précis et égal : 12 degrés de vitesse peuvent alors être utilisés, répartis entre le alla breve et la mesure à 4 temps ;
  • aussi vite que possible : la rapidité est ici directement dépendante des particularités de l'instrument (en principe le basson ne peut pas jouer aussi vite que la flûte) et de l'agilité de l'exécutant lui-même (un bassoniste donné peut jouer plus vite qu'un autre bassoniste) ;
  • aussi lent que possible : sont concernées les phrases musicales qui peuvent être jouées d'un seul souffle. Les autres exécutants proportionnent alors leur tempo à la vitesse établie par l'instrument concerné ;
  • rapide devenant lent : l'exécutant doit commencer aussi vite que possible et ralentir graduellement jusqu'à parvenir au quart de la vitesse originale ;
  • lent devenant rapide : indique bien entendu l'inverse.

Des combinaisons variées de ces indications se produisent aussi bien successivement que simultanément.

L'originalité principale des Zeitmasse est la richesse polyphonique particulièrement développée grâce à la superposition et l'entrecroisement de ces pulsations variables.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  8. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  9. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  10. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

d'après Everett Helm.