Karlheinz Stockhausen (1928-2007)

Klavierstück VI (1954-1955)

pour piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 1954 - 1955
    • Durée : 26 mn
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 13675B
    • Opus : 4/II
    • Commande: Ville de Darmstadt
Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • Date : 1 June 1955
    Lieu :

    Allemagne, Darmstadt, festival


    Interprètes :

    Marcelle Mercenier.

Note de programme

Commençant dans une extrême précision qui régit tous les paramètres musicaux, l'immense Klavierstück VI évolue de plus en plus vers l'imprécision, en faisant appel aux valeurs rythmiques irrationnelles. Stockhausen élabore ainsi une totalité musicale régie statistiquement, tout en explorant conjointement, de façon systématique et magistrale, le jeu des échos, des harmoniques, des effets de pédale et de sourdine. Le silence devient un facteur structurel à part entière, le temps se trouvant lui-même déterminé par la résonance des sonorités. L'auditeur doit s'orienter vers une perception globale de groupes de notes, de hauteurs qui ne sont plus destinées à être perçues isolément mais tels des nuages sonores complexes faisant partie intégrante d'une dispersion spatiale du matériau.Développant une pensée harmonique et polyphonique extrêmement originale, le Klavierstück VI s'inscrit dans la descendance de Brahms, Liszt, Messiaen, aussi bien qu'il annonce les futures mises en question du compositeur lui-même.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

d'après Patrick Szersnovicz.