Arnold Schoenberg (1874-1951)

Streichquartett n° 2, op. 10 (1907-1908)

avec voix de soprano

  • Informations générales
    • Date de composition : mar 1907 - aug 1908
    • Durée : 29 minutes
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 6862-UE 6863
    • Opus : 10
Effectif détaillé
  • 1 soprano solo, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle

Information sur la création

  • 21 December 1908, Vienne, par Marie Gutheil-Schoder : soprano, Quatuor Rosé.

Titres des parties

  1. Mässig, moderato
  2. Sehr rasch, très rapide
  3. Litanei, Stefan George, langsam
  4. Entrückung, Stefan George, sehr langsam

Note de programme
Le Quatuor à cordes n° 2, op. 10 est une œuvre de transition, qui marque tout à la fois le terme de la période tonale de Schoenberg et le début d’une deuxième phase stylistique que l’on pourrait dire « expressionniste ». C’est en mettant en musique des textes poétiques qu’il accomplit ce changement d’orientation décisif et le Quatuor à cordes n° 2 ne déroge pas à cette règle, puisqu’un texte vient motiver et y appuyer le passage à l’atonalité : deux mouvements de l’œuvre s’inspirent en effet de vers tirés du recueil poétique Der siebente Ring (Le septième anneau) (1907) de Stefan George. Pour son troisième mouvement, Schoenberg a utilisé le poème intitulé Litanei (Litanie). C’est la prière extatique d’un pèlerin qui, arrivé au but de son voyage, demande à Dieu d’alléger ses souffrances, de lui accorder la lumière de la connaissance et le renoncement à l’amour sensuel. Quant à Entrückung (Transport), que Schoenberg a mis en musique dans le mouvement final, il suggère l’exaucement de la prière formulée dans la Litanei. La libération de l’âme de toute attache terrestre trouve son pendant musical dans l’affranchissement des chaînes de la tonalité. Ce mouvement final fait figure d’épode – de grande ampleur et aux vastes oscillations – des trois mouvements précédents, très brefs. Le premier mouvement contient certes un contraste thématique typique de la sonate, mais le deuxième thème intervient, sans transition, dès la treizième mesure, pour errer à travers l’espace tonal avec une agitation continuelle réservée d’ordinaire aux développements. Dans le scherzo, Schoenberg fait défiler avec une rapidité inquiétante un tourbillon de formes secouées de violents sursauts. On entend résonner à un moment la citation d’une vieille rengaine viennoise « Oh Du lieber Augustin... Alles ist hin », allusion à l’effondrement de tout l’héritage musical qui s’annonce dans la composition désorganisée de ce mouvement. Le troisième mouvement reste fidèle à une rigoureuse forme en variations, les différentes variations coïncidant avec les strophes du poème de George. Elles s’intensifient jusqu’au point culminant final sur « Töte das sehen, schließe die wunde ! » Le thème des variations reprend plusieurs motifs du scherzo et du premier mouvement.

Hans-Ulrich Fuss, programme du festival Agora 2009.