Asbjørn Schaathun (1961)

Double Portrait (1991-1992)

pour violon solo, ensemble et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1991 - 1992
      Dates de révision : 1996, 2002 - 2006
    • Durée : 28 mn
    • Éditeur : Wilhelm Hansen
    • Commande: Ircam-Centre Pompidou
Effectif détaillé
  • soliste : 1 violon
  • 2 flûte, 1 cor anglais, 2 clarinette, 1 clarinette basse, 1 saxophone alto, 1 basson (aussi 1 contrebasson), 2 cor, 2 trombone, 1 tuba, 1 percussionniste, 1 harpe, 1 piano, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 1 violon, 1 violon II, 2 alto, 2 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 13 April 1992, Paris, Centre Georges-Pompidou, Grande Salle, par Maryvonne Le Dizès : violon, Ensemble intercontemporain, direction : Frédéric Chaslin.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Zack Settel
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

Double Portrait : un double hommage à deux œuvres de la première moitié du siècle — le Concerto pour violon d'Alban Berg, et le Concerto pour violon de Fartein Valen (compositeur et organiste norvégien, 1887-1952), le premier dodécaphoniste norvégien.

Le geste qui ouvre le Concerto « à la mémoire d'un ange » de Berg est peut-être le geste violonistique par excellence : celui de l'archet qui parcourt les quatre cordes, du grave à l'aigu, comme pour accorder l'instrument. Et c'est cet archétype qui est « exposé » dans les premières mesures de Double Portrait.

Le Concerto de Fartein Valen est aussi une source de proportions plus abstraites : les composantes de son thème — ses intervalles — sont traduits en rapports numériques qui définissent la durée des diverses sections de Double Portrait ; ses contours interviennent dans les mouvements de détail de la partie de violon. Ce thème est donc pris comme « formule » — en un sens proche de celui que Stockhausen peut donner à ce terme.

Double Portrait s'élabore comme work in progress. L'œuvre achevée comprend actuellement un prélude et deux parties — la seconde étant encadrée par deux interludes. Une troisième partie et un postlude s'y joindront ultérieurement. Cette élasticité de la forme est une conséquence directe de la conception de l'écriture : Schaathun pose un objet « donné à voir », une déclaration liminaire que l'on peut ensuite (dé)construire. Et cet objet est souvent trouvé dans l'improvisation, prenant la forme d'une « ligne » soumise à une interminable analyse : le compositeur la travaille par « degrés de reconnaissance » — selon la proximité et l'éloignement, le clair et l'obscur, le simple et le complexe. C'est ainsi que la partie de violon peut être épaissie — hypertrophiée par l'accrétion de ses propres échantillons —, ou encore comme grossie et rapprochée par le ralentissement du tempo. Le matériau est donc élaboré selon une perspective proprement temporelle, puisque, pour le compositeur, « la mémoire a ses rythmes, ses tempi : hier est plus rapide qu'avant-hier... ». Un travail au cours duquel l'ordinateur joue un rôle important, dans « la démultiplication, l'extension et la courbure [bending] » de l'idée trouvée dans l'instant.

Peter Szendy.