Kaija Saariaho (1952)

Laconisme de l'aile (1982)

pour flûte

  • Informations générales
    • Date de composition : 1982
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Jasemusiikki
    • Livret (détail, auteur) :

      Saint-John Perse, Oiseaux

  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Flûte]
Effectif détaillé
  • flûte

Information sur la création

  • 1 March 1983, Allemagne, Fribourg-en-Brisgau, par Anne Raito.

Note de programme

L'œuvre commence par un texte du recueil Oiseaux de Saint-John Perse, récité par l'instrumentiste. Petit à petit, le flûtiste approche l'instrument de sa bouche et le texte se mue en musique. Kaija Saariaho a composé Laconisme de l'aile à Paris au début de 1982, alors qu'elle réalisait également le travail informatique pour Vers le blanc.

La musique de Kaija Saariaho consiste dans l'articulation d'une fuite vers l'intérieur. L'échappée. Une attitude latente dans la démarche compositionnelle de chaque œuvre qui s'interpelle en premier lieu dans la conduite d'une harmonie de timbres. Pour mesurer cette intention comme pour envisager toutes les instances qu'elle engage, Laconisme de l'aile constitue un terrain d'investigation idéal. Kaija Saariaho y a pour la première fois agencé les marques essentielles de son expression. Le titre même définit le fond et la forme de cette musique très personnelle. La matière aérienne évoquée par l'aile, tout comme la notion de battement qu'elle induit, débouche sur une formulation en tous points concentrée. Dès l'énoncé, par la voix, de la prose poétique de Saint-John Perse, on pourrait, avec le bref soupir rompant par un écart soudain la suavité du discours, cerner la qualité d'une musique qui s'apprécie dans la dérivation. La flûte amplifie alors ce mouvement par la dégradation naturelle de la courbe mélodique au moyen de dérivations traduites par les flatterzunge, les multiphoniques et les bruits de clefs. Considérée comme une métaphore du souffle, la musique de Kaija Saariaho possède l'épaisseur et la fluidité du vent. Son inscription dans le cadre ponctuel d'une œuvre est toujours duale.

d'après Pierre Gervasoni